10.06.2008

La Chablisienne, quelle maison !

41f7834ee811c951c972fd8c08a8c46a.jpgDepuis que nous sommes impliqués avec passion dans l'univers de cette marque, nous ne cessons d'aimer les produits que nous découvrons peu à peu, compte tenu de l'immense palette proposée (Grenouilles bien sûr, Les Preuses, Montmains, Côte de Léchet, Fourchaume, Mont de milieu, Montée de Tonnerre, Vaillons, Vaulorent et tant d'autres, la minéralité à l'état pur, du soleil, du miel, de la fraise et tant d'émotions subtiles). Et nous ne cessons d'être surpris par l'intelligence collective et la détermination de ces vignerons engagés. Le grand Jacques Berthomeau, dans une belle envolée lyrique, nous met l'eau à la bouche…

http://www.berthomeau.com/

20.01.2007

Janvier 2007, une nouvelle identité visuelle pour La Chablisienne

 

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L'identité datait de 1923… il nous a donc fallu du temps pour définir le nouveau signe. Nous avons conservé le principe d'une typo scripte, mais nous avons gagné en élégance et en typicité. Nous avons évidemment conservé le personnage, cette femme qui porte triomphalement une bouteille ! Quel engagement ! Mais nous avons gagné en impact et lisibilité en retravaillant sa robe, sa chevelure, sa démarche même…

 

Le nouveau signe est en deux couleurs. Elégant, efficace, distinctif, à l'image des vins de La Chablisienne.

 

Pour en savoir plus, consultez le site web que nous développons actuellement

www.chablisienne.com

25.03.2006

Vins : quelle segmentation pour demain ?

Par Olivier Naslès
Juin 2006

Dans le cadre de la crise que rencontre actuellement la Viticulture Française, la segmentation et l'absence de lisibilité de notre offre reviennent comme un leitmotiv. Notre segmentation empile les dénominations successives que l'histoire a bâties sans en avoir supprimé. Loin de moi l'idée que la segmentation fait vendre mais il est certain que le consommateur a besoin de repères simples, lisibles et clairs et qu'aujourd'hui, notamment le nouveau consommateur, qu'il soit Français ou encore plus étranger, se perd dans des dénominations qui ne font plaisir qu'à ceux qui les créent. De plus, la Segmentation Réglementaire est un support incontournable à la construction des gammes de produits.


I - Un peu d'histoire

Le XX° siècle a construit la structure de notre pyramide au fil du temps. Sans reprendre l'histoire dans son détail (pour cela, je vous renvoie à deux sites, celui de Jean Clavel qui raconte avec talent le combat de Marcellin Albert et celui de l'Association Sève qui raconte celui de Joseph Capus), globalement, on peut situer l'année zéro à la crise viticole des années 1900-1910 aux sorties du phylloxéra.

Deux combats ont été alors menés :
• L'un pour lutter contre les vins frelatés qui s'est traduit par la Loi de 1905 créant la Répression des Fraudes avec les suites que l'on connaît.
• L'autre pour créer la notion d'origine, instituée par différentes lois de 1905 à 1935, date de la création de l'INAO, en passant par la Loi de 1911 qui crée les appellations d'origine judiciaire ainsi que la Loi de 1919 qui assimilait l'appellation à une propriété privée.

De 1919 à 1935, ce fut des combats incessants entre :
• Les tenants des appellations d'origine qui s'appelèrent plus tard simples, à savoir que l'appellation ne devait imposer comme seule contrainte que le fait d'avoir des raisins originaires de la zone de production.
• Les tenants des appellations d'origine qui s'appelèrent, à partir de 1935, Contrôlées, à savoir que l'appellation devait être la reconnaissance d'un ensemble de facteurs incluant le terroir, les cépages et le savoir-faire de l'homme.

La guerre 39/45 eut pour conséquence d'accélérer l'apparition des appellations car ces produits échappaient aux réquisitions des Allemands. Pour remettre un peu d'ordre dans tout cela, on créa, après-guerre, des sous-AOC appelées VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure) dont le seul et unique but était de devenir un jour lointain des AOC.

Parallèlement, les membres de l'INAO bâtissaient, dans un joyeux désordre et au gré des envies des régions, des empilements d'appellations : régionales, sous-régionales, communales et de crus.

L'arrivée de la politique agricole commune, dans les années 1960, modifia la donne en faisant disparaître les AOS et en créant les Vins de Pays. Ces sous-VDQS, succédanés des AOC, s'imposaient des règles souvent encore plus drastiques.
Depuis 1970, aucune grande réforme de structures n'a été entreprise, mais on constate une lente inflation du nombre d'AOC avec une quasi-disparition des VDQS et l'apparition de VDP régionaux comme Oc, Jardins de la France et Portes de la Méditerranée.

Donc ce siècle d'histoire se résume en la création d'une pyramide théorique élevée sur ONZE étages qui sont (si on exclut les vins de pays tiers) :

I. Vin de Table DPCE
II. Vin de Table de France
III. Vin de Pays de Département
IV. Vin de Pays de Petite Zone
V. Vin de Pays Régionaux
VI. A.O. Vin Délimité de Qualité Supérieure
VII. Appellation d'Origine Contrôlée (parfois appelée Régionale)
VIII. AOC sous-régionale
IX. AOC communale
X. AOC de Cru ou Premier Cru
XI. AOC de Grand Cru

À ces onze étages viennent se superposer les Crus Classés qui distinguent, au sein d'une appellation, des exploitations de qualité supérieurement constante.

Celui qui pense qu'un consommateur peut se retrouver dans un tel dédale a pour le moins perdu la raison, sachant, qu'en plus, la segmentation “prix” ne suit absolument pas cette segmentation dite “qualitative” aux yeux des producteurs et que l'on trouve sur le marché des AOC à 1,50 euros TTC PVC et des VDP à 15 ou 20 euros TTC PVC.

Ce rappel historique était important car il met en lumière l'incohérence suprême atteinte par notre système où avec un seul vecteur, “la notion d'origine”, il a été créé des dizaines de sous-ensemble. Il permet aussi de mesurer combien la première réforme proposée par René Renou n'était qu'un replâtrage qui risquait de renforcer la confusion. Nous aurions pu, en effet, aboutir à des aberrations comme celle d'avoir par exemple, une AOC Régionale en AOC “Excellence” et une AOC Grand Cru qui elle n'y serait pas. Qu'en serait-il de la lisibilité pour le consommateur ? Cette réforme, copiée sur l'Italie et l'Espagne, était d'ailleurs incohérente car comment expliquer qu'une Appellation d'Origine dite “Contrôlée” se doit en plus d'être “Garantie” (DOCG italien) ? Cela sous-entendrait donc que les AOC ne sont pas réellement “Contrôlées”. Par contre, je comprends tout à fait que René Renou ait adopté cette stratégie selon laquelle il était plus facile dans notre pays d'ajouter que d'enlever.

Mais doit-on baisser les bras et se résigner à ne rien remettre en cause en France et continuer à ajouter des strates ? Je ne le crois pas. Les périodes de crise ont toujours été le moteur des grandes réformes et c'est le moment ou jamais de remettre à plat notre segmentation.


II. Les postulats de départ à prendre en compte

L'évolution du marché mondial du vin doit nous donner des pistes de raisonnements qui sont, pour la plupart, décrites dans CAP 2010.

• La consommation de vin en France et dans les pays traditionnellement consommateurs (Europe) baisse lentement mais sûrement. Cette affirmation est à nuancer car depuis 1994, la baisse, constatée dans les trois premiers pays consommateurs, est trois fois moins importante qu'au cours des décennies précédentes, alors qu'il n'y a pas eu de grandes actions des filières.

• La consommation de vin dans le Monde progresse régulièrement et peut-être plus rapidement qu'on ne le croit. Pour les anglo-saxons (Rapport Vertumne), les chiffres de l'OIV sur la consommation seraient faux et la progression représenterait 6 millions d'hectolitres par an.

• Le consommateur régulier disparaît peu à peu au profit du consommateur occasionnel, dans les pays traditionnels. Par contre, le côté positif de cette évolution est que ce consommateur recherche du plaisir et est prêt à le payer.

• La crise viticole française est autant concurrentielle que structurelle, et elle est surtout une crise de positionnement. Notre offre est déconnectée du marché, l'inadaptation du goût et du prix (l'évolution de la parité dollar/euro (2003) a été un des facteurs déclenchants de la crise en France.)

• Le premier critère d'achat d'un consommateur est la couleur, le second est le prix.

• Le nouveau consommateur mondial entre dans l'univers du vin principalement par des vins à “goûts facilement identifiables” (souples, sucrés, gazeux, fruités, …) et peu par des vins à “origine” aux goûts souvent plus complexes.

• Le nouveau consommateur mondial est, pour son premier achat, demandeur de repères d'identification simples que sont le pays, le cépage et la marque. L'acte de réachat est lié au goût. Le consommateur a besoin de rattacher l’identité (Marque, Domaine, Appellation…) à un goût constant mais il ne faut pas oublier qu'il est de plus en plus “zappeur”.

• La notion d'Appellation d'Origine a montré ses limites en atteignant des volumes d'offres supérieurs à la demande, mais ce marché est loin d'avoir disparu. Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

• Les consommateurs mondiaux sont, de plus en plus, demandeur d'une notion d'origine de territoire ou de Provenance (cf. évolution du marché des huiles d'olives et autres cafés). Ils veulent, de plus en plus, connaître le lieu d'origine du produit qu'ils consomment sans pour autant que cela entraîne les contraintes d'une AOC.

• Les marques de vins de dimension mondiale se réfèrent toutes à une origine minimum qui est, souvent, le pays producteur, parfois la région.

• Les mentions facultatives qui informent le consommateur sur le goût du produit sont de plus en plus prisées (Sweet, Oaked, Organic, light, Fruité, Corsé, ….).


De ces postulats de départ, j'en déduis qu'il faut déterminer une segmentation où :

1. L'origine est toujours présente mais avec des niveaux de garantie différents. Il faut, en fait, créer une différence de dénomination entre les vins de territoire (simple origine de production) et les vins de terroir (résultant de l'ensemble des facteurs qui constituent le “terroir” au sens de la définition INRA/INAO)

2. Les vins, qui ne sont pas en A.O.C., doivent pouvoir être adaptés au goût du plus grand nombre de consommateurs avec des pratiques viticoles et œnologiques mondiales (OIV).

3. Les vins en Appellation d'Origine Contrôlée doivent retrouver leur consommateur “connaisseur” et refléter/assurer la constance de leur typicité qui doit être clairement définie. Deux écoles s'affrontent sur la signification de ces mots.
• Faut-il aller vers une définition de l'Appellation d'Origine, qui est celle présentée et défendue à l'O.M.C. par la Communauté Européenne à savoir : un produit “Unique” clairement identifiable sensoriellement et non reproductible, ce qui sous-entend une constance et une certaine unicité de goût ?
• Ou faut-il aller vers la définition présentée par plusieurs chercheurs de l'INRA et dans le document “Terroir et typicité” remis à l'INAO en Avril 2006, où la notion d'identification sensorielle n'est qu'un élément parmi d'autres et où la typicité et le lien au terroir sont en perpétuelle évolution car liés à l'évolution de la communauté humaine qui les porte ? En résumé, la Typicité serait la résultante d'un choix collectif évolutif. Cette question devra être tranchée notamment en lien avec la Direction en charge du dossier AOP/IGP à la Commission Européenne.

4. Il faut instaurer une séparation claire, simple et nette entre ces deux familles de vin, quelque soit le choix fait pour définir ce qu'est une AOC/AOP.

Même si cette liste n'est pas exhaustive, elle permet d'avoir une vision plus claire des objectifs. Nous sommes en pleine réforme de l'OCM Vin et l'une des volontés affichées par la Commission concernant la politique qualité des vins est de faire rentrer le vin dans le cadre de la réglementation générale des AOP/IGP et d'en définir deux classes : l'une sans Indication géographique et l'autre avec.

Il nous faut saisir cette occasion pour remettre à plat notre système et le rendre plus lisible pour le consommateur, mais il ne faut, à aucun moment, vouloir faire peser tout sur une même catégorie, sous peine de brouiller à nouveau le message.


III. Proposition d’une nouvelle segmentation des vins

Elle pourrait comprendre quatre grands segments :

1. Le vin de table (sans aucune indication d’origine) : qui comprendrait les vins assemblés de différents pays de la Communauté Européenne ou avec ceux de pays tiers. Il n'aurait accès qu'à la notion de marque et de millésime mais pas à l'indication de cépage. Selon certains, cette catégorie n'aurait aucun avenir

2. Le vin de France (ou d’État membre) : L'indication d'origine se bornerait à la notion de l'État membre. Il ne pourrait pas faire référence à une notion de région ou d'exploitation viticole. Il aurait accès à la notion de marque, de cépage et de millésime sans contrainte sur les pratiques culturales et œnologiques autre que celles entérinées par l'OIV.

Possibilité d'utiliser des mentions facultatives informant le consommateur sur le goût (sweet, oaked…). On peut s'interroger sur la dimension d'un tel territoire pour des gros pays producteurs. La dimension de l'État Membre ne serait-elle pas trop importante face à la dimension de la production ?

Faut-il considérer que chaque bassin possède la dimension pour être un identifiant de taille mondiale ? Faut-il définir des bassins interrégionaux comme la juste dimension ? Les questions sont posées. L'Espagne vient d'y répondre en créant une dénomination “Vin d'Espagne”. Cependant, il est clair, à mon sens, qu'il ne faut à aucun moment qu'il y ait recouvrement entre la catégorie 2 et la catégorie 3.

3. L'Appellation d’Origine (AO) : que l'on aurait pu appeler aussi Appellation d'Origine Libre ou Simple (AOL ou AOS) mais aussi AP Appellation de provenance ou IGT Indication Géographique Typique. Ces vins pourraient être rattachés à la catégorie des IG., mais sans obligation de certification produit. Par contre l'utilisation du terme Appellation d’Origine plutôt que IGP est important pour ne pas trop perturber le consommateur français. Outre l'accès à la notion de marque, cépage et millésime, ils auraient accès à la notion de région (mais pas à des zones de taille inférieure) et d'exploitation viticole y compris la fameuse liste de noms “Château, Clos, Mas, …”. Possibilité d'utiliser des mentions facultatives informant le consommateur sur le goût (sweet, oaked…). Aucune contrainte sur les pratiques culturales et œnologiques autre que celles entérinées par l'OIV. Dans une première approche, on peut imaginer la création de dix Appellations d'Origine : AO Bourgogne, AO Rhône, AO Provence, AO Corse, AO Oc, AO du Comté Toulousan (nom à affiner), AO Bordeaux, AO Loire. L'Alsace et la Champagne pourraient se scinder entre une AO Alsace et Champagne pour les cépages ou la méthodologie et des AOC pour les crus liés à des terroirs. A étudier des AO comme le Jura, le Centre ou la Savoie.

Peu de jours avant sa disparition, René Renou a fait entériner par la Commission permanente du Comité Vin de l'INAO que la notion d'AO ou d'IG serait le choix de chaque appellation, y compris plus locale. Nous pouvons nous interroger sur cette orientation car, dans ce cas, il est imaginable qu'une appellation comme Saint Emillion fasse le choix de l'A.O. pour avoir accès, par exemple, aux copeaux ou à l'osmose inverse. Si une telle orientation était retenue, elle ne pourrait exister qu’à condition de créer des “Terroirs d’Excellence”, à savoir de donner la possibilité à des exploitations (minoritaires en nombres) qui souhaiteraient continuer à travailler dans le cadre des règles de l'AOC, de pouvoir le faire.

4. L'Appellation D'Origine Contrôlée (AOC) : Ces vins seraient rattachés à la catégorie des AOP avec toutes les contraintes existantes, renforcées ou pas suivant le choix fait au point 3 du chapitre II, par une description de l'espace organoleptique du produit dans le Décret permettant de définir sa typicité. Cela ne signifie pas une description précise du produit mais la mise en place d'une liste de mots “descripteurs” qui caractérisent la base de la famille et qui sont le socle de l'AOC. On ne peut pas imaginer une AOC où il ne serait pas possible de trouver au moins quelques mots qui soient communs à tous les produits qui en sont issus. Il y a un juste milieu entre une description précise et aucun point commun entre deux vins d'une même appellation.
Aucune pratique culturale et œnologique nouvelle ne serait autorisée autre que celles utilisées traditionnellement dans l'Appellation. Toute introduction d'une nouvelle pratique culturale ou œnologique devrait démontrer qu'elle ne modifie pas les caractéristiques essentielles du produit.

Cette catégorie ne pourrait pas être définie à un niveau régional, pour éviter de se chevaucher avec les AO. Elle pourrait conserver ou pas ses déclinaisons en Communales ou Crus, sachant que cela serait impossible, si des AOC communales avaient accès à l'AO ; la notion de repli d'une AO dans une AOC n'étant pas envisageable.

En ce qui concerne les distinctions de type “Crus Classés”, elles pourraient être remplacées par la création des “Terroirs d'Excellence” qui distingueraient, au sein d'une même AOC, les exploitations qui s'appliquent des critères ou qui placent “les curseurs” plus haut que les autres. Ce système, basé sur des critères contrôlables, permettrait une équité dans la révision régulière des classements, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Cette segmentation entraînerait :
• La disparition des vins de pays, des VDQS et des AOC régionales qui se retrouveraient dans les AO.
• Le renforcement de la typicité des AOC et non de la qualité. La typicité, c'est la carte d’identité d'une AOC. Elle est évolutive, mais ne peut pas changer au gré des modes du goût.
• L'accès de trois catégories sur quatre à toutes les pratiques culturales et œnologiques reconnues par l'OIV.
• La création d'une pyramide de quatre étages :
1. Vin de Table
2. Vin de France
3. Appellation d'Origine (à rattacher ou pas à l'IGP)
4. AOP Appellation d'Origine Contrôlée qui se déclinerait ou pas en AOC communale et en AOC de Cru.

Le tableau ci-dessous synthétise les identifiants consommateurs fondamentaux et leurs combinaisons, que l'on peut rattacher à l'une ou l'autre des catégories. Il est imaginable que chaque bassin choisisse individuellement de répondre ou pas à tout ou partie de ces demandes du consommateur.

TABLEAU RECAPITULATIF DES IDENTIFIANTS CONSOMMATEURS FONDAMENTAUX

 



À ces critères identifiants peuvent s'ajouter des critères de qualité certifiée comme l'agriculture biologique, les normes ISO, IFS, BRC, l'agriculture raisonnée…. Mais ce ne sont que des compléments, pas des vecteurs fondamentaux de vente seuls.


IV Conclusion

En guise de conclusion, faisons un rêve.


Celui de voir demain un linéaire de Grande Distribution où se côtoieraient un “Castel” vin de table et un “Vieux Pape” vin de France cépage merlot 2005.

À côté d'un “Malesan” en IGP/AO Bordeaux cépage Cabernet-Sauvignon, d'un “Fortant” en IGT/AO Oc cépage Chardonnay, d'un “Billette” en IGT/AO Provence cépages Cinsaut/Grenache, d'un “Pont d’Avignon” en IGT/AO Rhône cépage Syrah, d'un “Duboeuf” en IGT/AO Bourgogne cépage Pinot, d'un “Ackermann” en IGT/AO Loire cépage Sauvignon, d'un “Costa Serena” en IGT/AO Corse cépage Niellucciu, d'un “Pommery” en IGT/AO Champagne, d'un “A. Metz” en IGT/AO Alsace cépage Riesling et d'un “Rotschild” en IGT/AO du Comté Toulousan cépage Cot. Tous en Indication d'origine Typique - Appellation d'Origine (Libre).

Dans ce rêve, l'Alsace Zinnkoepflé et le Champagne Avize resteraient en AOC et côtoieraient un Aix-en-Provence ou un Sainte Baume, un Cairanne ou un Sablet, un Ajaccio ou un Patrimonio, un Médoc ou un Grave, un Ventoux ou un Lubéron, un Côtes de Bordeaux ou un Bourg, un Beaujolais ou un Côtes de Nuits Saint Georges, un Roussillon ou un Corbières, un Saumur ou un Muscadet mais aussi un Sainte Victoire ou un La Londe, Tous en Appellation d'Origine Contrôlée.

Mais aussi un Château Pétrus “Terroir d'Excellence” de l'AOC Pomerol, un Château Yquem “Terroir d'Excellence” de l'AOC Sauternes, un Château Roubine “Terroir d'Excellence” de l'AO Provence ou un Château Lagrezette “Terroir d'Excellence” de l'AO Comté Toulouzan.

Ce rêve a commencé à prendre forme avec la déclaration d'intention du dernier Comité Vin de l'INAO qui, à mon sens, n'a pas encore poussé sa réflexion suffisamment loin, mais une révolution ne se fait pas en un jour. Il faut sortir du “Tout AOC” pour réellement créer une segmentation produit sur des concepts différents avec une offre cohérente, fiable, compréhensible par tous et répondant à des attentes consommateurs à des prix concurrentiels.

Bien sûr, il ne s'agit que d'un rêve, mais il ne tient qu'à nous qu'il se réalise et que nous prenions enfin le virage du XXI° siècle dans notre monde du vin.


Olivier Naslès
Domaine Camaïssette
Eguilles, Juin 2006

30.10.2005

Octobre 2005 : Les Gobeloteurs

Créer de grands vins est un exercice délicat. Le travail de la vigne, le travail de la cave, la gestion, la vente, les médias… il faut savoir se partager avec passion et le risque est grand de tomber dans l’isolement, la notoriété aidant. Alors quand 15 vignerons passionnés et “reconnus”, issus de nombreux terroirs français, décident de se fédérer pour “croiser” leurs réseaux, on applaudit des deux mains. En mars 2005, nous les avons rencontrés. Leur objectif était de créer un “groupe dynamique de jeunes vignerons travaillant dans la même optique qualitative pour, dans un premier temps, organiser une manifestation ayant pour but de se pérenniser chaque année à Paris, dans des grandes villes françaises ou à l’étranger”.


Le travail
Ce groupe de vignerons devait donc se doter d’une identité nominale et visuelle forte, pour exister dans ce monde atomisé et affirmer ses valeurs. Ils nous ont fait confiance et nous ont donné carte blanche. Et nous sommes partis bille en tête pour définir cette identité, en veillant à ce qu’elle ait du panache, qu’elle soit porteuse de sens et fédératrice et qu’elle joue un véritable rôle de “catalyseur d’attention”.

Les ambitions
Ce groupe de vignerons devait donc se doter d’une identité nominale et visuelle forte, pour exister dans ce monde atomisé et affirmer ses valeurs. Ils nous ont fait confiance et nous ont donné carte blanche. Et nous sommes partis bille en tête pour définir cette identité, en veillant à ce qu’elle ait du panache, qu’elle soit porteuse de sens et fédératrice et qu’elle joue un véritable rôle de “catalyseur d’attention”.


Création d’une identité globale

medium_les-gobeloteurs.jpg


• Un nom distinctif, engagé, très symbolique
• Une identité fondée sur “la trace de vin laissée par le verre”
• Une promesse, “Vignerons partageurs”

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Les premières déclinaisons
• Identité nominale
• Identité visuelle
• Promesse
• Invitation
• Enveloppe
• Carnet de dégustation
medium_gobeloteur-02.gif
l’invitation, la naissance de la marque

Il y avait du monde…
à la journée Ripaille pour déguster
les vins. Chacun était armé d’un
carnet de dégustation, et la
marque (tout comme les vins bien
sûr) a visiblement beaucoup plu,
en ce sens qu’elle “colle” aux
valeurs véhiculées par le groupe.
 
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Jean-Dominique & Jean-Laurent Vacheron
Domaine Vacheron
Sancerre
1, rue du Puits Poulton
18300 Sancerre
02 48 54 09 93
vacheron.sa@wanadoo.fr

David Duband
Domaine David Duband
Nuits Saint-Georges
36, rue de la Fontaine
21220 Chevannes
03 80 61 41 16
domaine.duband@wanadoo.fr

Pierre-Yves Colin-Morey
Domaine Marc Colin & Fils
Chassagne-Montrachet
4 rue de la murée
21190 Chassagne-Montrachet
03 80 21 90 10
pierreyvescolin@cegetel.net

Jean-Claude & Noël Ramonet
Domaine Ramonet
Chassagne-Montrachet
4, Place des Noyers
21190 Chassagne-Montrachet
03 80 21 30 88

Benjamin Leroux
Domaine du Comte Armand
Pommard
Place de l’Eglise
21630 Pommard
03 80 24 70 50
epeneaux@domaine-comte-armand.com

Benoît Riffault
Domaine Etienne Sauzet
Puligny-Montrachet
11, rue de Poiseul
21190 Puligny-Montrachet
03 80 21 32 10
etienne.sauzet@tiscali.fr

Yves Cuilleron
Domaine Yves Cuilleron
Condrieu, Côte Rôtie, Saint Joseph
58, RN 66 – Verlieu
42410 Chavanay
04 74 87 02 37
cave@cuilleron.com

Thierry Germain
Domaine des Roches Neuves
Saumur Champigny
56, bd Saint Vincent
49400 Varrains
02 41 52 94 02
thierry-germain@wanadoo.fr

Gérard & Lionel Gauby
Domaine Gauby
Roussillon
Le Faradjal
66600 Calce
04 68 64 35 19
domaine.gauby@wanadoo.fr

Sylvie Vacheron
Domaine Vacheron-Pouizin
Côtes du Rhône, Châteauneuf du Pape
Le Clos du Caillou
84340 Courthézon
04 90 70 73 05
closducaillou@cario.fr

Stéphane Ogier
Domaine Michel & Stéphane Ogier
Côte Rôtie, Vallée du Rhône
3, Chemin Bac
69420 Ampuis
06 85 11 64 35
sogier@club-internet.fr

Maurice & Jacky Barthelmé
Domaine Albert Mann
Alsace
13, rue du Château
68920 Wettolsheim
03 89 80 62 00
vins@albertmann.com

Jullien Zernott & Delphine Rousseau
Domaine Le Pas de l’Escalette
Coteaux du Languedoc,
Terrasses du Larzac

1, place de l'Aire
34700 Pégairolles de l'Escalette
04 67 96 13 42
06 73 84 35 89
escalette@wanadoo.fr

Ludmila & Sylvain Morey
Bastide du Claux
Côtes du Luberon
Campagne Le Claux
84240 La Motte d’Aigues
04 90 77 70 26
scea-slb@freesurf.fr

Catherine Maisonneuve & Mathieu Cosse
Les Laquets
Cahors
Les Clots
46800 Fargues
06 78 79 57 10
laquets.maisonneuve@wanadoo.fr

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Pour contacter les Gobeloteurs
BP 49,
18300 Sancerre
gobeloteurs@wanadoo.fr
Delphine Rousseau
06 08 93 13 26

21.07.2005

Oeuvre de vin

Anthologie agricole
La Terre
III
La Vigne

Les éditions françaises nouvelles, Grenoble
Date inconnue



Virgile pensait que le meilleur moment de planter la vigne est l’époque “où la blanche cigogne, l’ennemie des couleuvres, revient aux beaux jours du printemps”, si déjà le vigneron ne l’a fait “quand les coursiers rapides du soleil n’ont pas encore atteint l’hiver”.

Pour préparer le sol destiné à recevoir la vigne - on dit en Beaujolais “blainchayer”, ou bien “défoncer”, ou bien “miner” -, les anciens agronomes se servaient de trois instruments : le bipalium (bêche), la pala (pelle) et le rutrum. D’autres outils sont venus plus tard les remplacer dans cet office : pic et grappin, associés maintenant à la pelle.

Le sol prêt et devenu “plantier”, on procédait au piquage, soit en “barbues” (plants enracinés), soit en “chapons” (boutures), et cette prime façon se faisait, soit au plantoir, simple pieu de bois armé de fer, soit à la fourchette, plantoir de fer creusé en gorge et terminé par deux pointes au moyen desquelles on plongeait le “plant” dans la molle couche de la terre.

Et la vigne était prête.

J’ai parlé jusqu’ici au passé, mais le rite est toujours le même.

En janvier l’on “semarde” : c’est enfouir l’engrais répandu depuis peu sur la terre. Un peu après on “ablave” : c’est déchausser le cep, pour que l’air le puisse mieux pénétrer et l’exciter à croître.

Et puis, sans trop s’immiscer maintenant dans son œuvre féconde, on laisse à la Nature le soin d’acheminer la jeune vigne vers le temps où elle doit apporter à l’homme le prix de ses peines ; c’est à “la troisième feuille”, dit le vigneron dans son rustique langage, si dense de poésie : la troisième feuille, cela veut dire la troisième année.

La taille est faite dès les premiers mois de l’année : “taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars “dit dans sa sagesse l’homme de la terre, et c’est, en effet, ce qu’enseignait le père de l’Agriculture latine, Columelle, quand il disait que “la meilleure époque pour tailler la vigne est le printemps, avant qu’elle ne bourgeonne”.

La taille se faisait jadis à la serpe, ce que nous appelons aujourd’hui la goyarde et que les anciens nommaient “falcula”.

Alors, patient mais tremblant chaque jour un peu plus, le vigneron attend le jour béni de la récolte.

Tour à tour le bourgeon “débourre”, et bientôt sort et luit au soleil la petite feuille annonciatrice du bouillonnement de la terre.

Quelques jours encore, et puis rôde dans tout le pays une subtile et suave odeur dont l’air est partout embaumé : la vigne est en fleur ! Heures plénières et fugitives qui durent, elles aussi, ce que durent les roses !

Encore un peu de temps, et vers Saint-Jean d’été le raisin, érigé au sein de sa prison de feuilles comme le spadice d’un bel arum dans son calice immaculé, “fait le coquillon” : entraînée par son poids qui l’heure en beurre augmente, sa pointe est tombée vers la terre, et maintenant, il va mûrir, mûrir tant qu’il pourra.

Mais les torrides chaleurs de juillet vont venir bientôt, et avec elles les grandes inquiétudes. l'oreille tendue au moindre bruit, le vigneron veille ; il veille anxieux sur ce trésor qu’il ne peut plus protéger maintenant autrement qu’en priant pour lui. Résigné, il attend : c’est tout ce qu’il peut faire, si non “relever” sa vigne, dévotement, et la tenir bien propre, propre comme un beau jardin !

Et bientôt, maintenant, ce seront les vendanges, qu’il faudra commencer entre l’équinoxe d’automne et le coucher des Pléiades : c’est déjà plus que de l'espoir ; ce sera bientôt la récompense promise à la fois dans la terre, ce sol qu’ont remué ses aïeux jusque dans ses entrailles secrètes, qu’ils ont fouillé de leurs bras puissants et jamais lassés.

Vendanges ! ripailles et festins, folles réunions d’amis, disait Lampide, où l’amphytrion offrait à ses invités les plus beaux raisins de sa vigne : “Uvas edendas amicis dabant”(Varron).

Vendanges ! glissade, chutes et quolibets : “Atque inter pocula lacti mollibus in pratis unctos saluere per utres” (Virgile, Géorgiques, II, 383).

Vendanges ! bennes et tonneaux, cuves pleines et pressoirs rebondis, chamoures et beuveries : “Bonum vinum leatificat cor hominis”.

Et l’on se remet au travail, ce travail qui ne finit jamais.

“Le travail”, maintenant, c’est, quatre, six, huit jours plus tard, selon que le temps reste chaud, ou bien que les fraîcheurs, au contraire, sont venues -, le travail c’est le pressurage.

Qui nous reparlera de ce gigantesque instrument avec quoi, il y a moins de cent ans, chaque vigneronnage pressurait encore sa vendange ? Construction colossale faite de deux arbres énormes, les plus gros, les plus forts que pouvait donner la forêt voisine ; casse-noisettes géant, ainsi qu’on l’a dit plaisamment, où s’attelaient quatre, six, dix hommes parfois, suant, haletant ; et sous leur effort immense gémissait l’immense machine dont les craquements emplissaient toute la campagne.

L’oeuvre de vin était accomplie !

30.06.2005

Juin 2005 : Un nouvel envol pour Cuvée Mythique

Lancement Vinexpo, juin 2005, Bordeaux, France

Le contexte, les enjeux
Les Vignerons de la Méditerranée, qui regroupent aujourd’hui 84 Domaines et Châteaux et 15 caves coopératives dans le Languedoc-Roussillon (soit environ 12 000 hectares de vigne et 600 000 hectolitres de production annuelle moyenne) sont “ouverts” sur le marché mondial (ce qui sous-entend une indéniable “souplesse” et un véritable esprit d’aventure), globalement très émergent (beaucoup de nouveaux consommateurs à éduquer). Ils ont compris que leur réussite économique impose l’existence de marques. C’est ainsi que La Cuvée Mythique naquit en 1990. Véritable aventure humaine, cette marque repose sur un défi permanent puisque chaque millésime du vin “originel” est un assemblage de cépages méridionaux, issu des meilleures cuvées de la fine fleur des vignerons du Groupe.

Le travail
C’est toujours “délicat” de toucher à une marque à succès, surtout quand elle a 15 ans d’existence sans connaître de fortes évolutions, mais il faut admettre que le marché du vin évolue à grande vitesse (d’autant que La Cuvée Mythique est commercialisée en grande distribution, quasiment exclusivement à l’export : Japon, États-Unis, Allemagne, Danemark, Angleterre…). En collaboration avec l’équipe marketing de l’entreprise, nous avons voulu donner un nouvel élan à la marque pour générer de nouvelles sources de valeur (pour les vignerons, pour les distributeurs, mais aussi pour les consommateurs). Extension de la gamme, nouvelle identité, tests, packaging, éditions commerciales, relations presse… nous avons, en exactement un an, donné un nouveau souffle à cette marque “Mythique”.

Les ambitions
La marque représente aujourd’hui, sur deux références (Reserve rouge et blanc), un volume annuel de l’ordre de 1,7 million de cols. Nous espérons atteindre, d’ici 2 ans, un volume total, sur 6 références, de 6 millions de cols. À suivre, sachant que l’accueil à Vinexpo, lors du lancement officiel, a été des plus prometteur.

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Lifting de l’identité
Création d’un bloc marque contenant la chouette, une typographie revisitée et introduction du gris

Objectif : gagner en impact (en particulier en linéaire) et en élégance, tout en préservant le caractère “original” de la marque.

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1. Nouveau produit, Duo Syrah-Grenache, rouge, PVC cible 5 euros
2. Nouveau produit, Duo Chardonnay-Muscat, blanc, PVC cible 5 euros
3. Nouveau produit, Duo Syrah-Grenache, rosé, PVC cible 5 euros
4. Depuis 2001, Reserve blanc, PVC cible 7 euros
5. Depuis 1990, Reserve rouge, PVC cible 7 euros
6. Nouveau produit, Limited Release, AOC Corbières, PVC cible 15 euros


Packaging
Etiquettes, Contre-étiquettes, Bouchons, Capsules, Cartons, Caisses bois, Papier de soie…


Ce que nous avons voulu créer ?
Une image engagée
Un travail
à la fois de séduction et de pédagogie.



Photographies génériques
Mise en valeur des vins à travers les instants de consommation.

Editions commerciales
• Fiches produits (7 modèles A4 recto-verso, x 2 langues, français et anglais)
• Argumentaire (6 pages, A4 fermé, x 2 langues, français et anglais)
Documents imprimés et versions numériques PDF

Publicité presse
2ème de couverture du catalogue officiel de Vinexpo, pleine page A4. Communication sur les Duos avec mise en valeur de la nouvelle identité.

* Une gamme pour couvrir tous les instants de consommation.
* Un achat facilité : un bloc marque repérable et impactant, une hierarchisation claire de la gamme, des étiquettes qui donnent toutes les informations utiles pour guider le consommateur dans son choix.
* Un style, une origine, en phase avec les attentes consommateurs : convivialité, découverte, partage et plaisir.


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