On est pas des pochtrons...

Ce mail a été envoyé par Christine Ontivéro, Michel Smith et Emmanuel Cazes, membres fondateurs du Parti d’en Boire.
Les Vignerons et Buveurs de vin réunis au sein du Parti d'En Boire, association Loi 1901 créée au Printemps 2005, demandent à être entendus des Pouvoirs Publics pour dire haut et fort qu'ils en ont plus qu’assez que l'on présente le vin comme un poison.
Selon Hervé Chabalier, fondateur et directeur de l'agence de télévision Capa, un Français sur dix est malade de l'alcool et, chaque jour, cinq personnes meurent d'un accident lié à l'alcoolisme.
Fort de ce constat l'auteur préconise que l'on pose sur chaque bouteille de vin (toujours le vin !) une étiquette du style "boire nuit gravement à la santé"…
Aucun début d’analyse sur les raisons qui poussent certaines personnes vers cette maladie comme la détresse sociale, la misère morale, l’isolement.
Aucune réflexion sur la contradiction entre les jeunes consommateurs d’alcools forts et les mêmes jeunes qui ne boivent pas de vin.
Notre société, qui s’organise de plus en plus autour du risque zéro, veut nous laisser croire, une fois de plus, que le vin est dangereux.
Mais que fait-on pour informer des risques que prennent ceux qui boivent régulièrement une boisson gazeuse au goût pharmaceutique particulièrement lorsqu’elle est associée à la consommation de hamburgers frites ? Qui va payer ce que coûteront les maladies graves, voire mortelles, d’une population de plus en plus menacée par l’obésité ? Ceux qui fabriquent ces produits dangereux seraient-ils plus puissants que la filière viticole pour continuer à nous "matraquer" avec leur publicité en toute impunité ?
TOUT ABUS EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, QUEL QU’IL SOIT :
• manger de trop de fromage provoque du cholestérol
• manger trop de sucre provoque du diabète
• manger trop de chocolat dégénère le foie
• manger trop de viande engendre des maladies cardio-vasculaires
• Boire trop de thé, trop de café, provoque des troubles cardiaques
• Boire trop d’eau, boire trop de lait…
Pourquoi ne viser que le vin ? Pourquoi pas les mêmes mises en garde sur les boissons sucrées, les paquets de bonbons, les emballages de hamburgers…
Nul n'est censé ignorer la loi, pourtant, avant de connaître toutes les lois qui régissent notre société, une vie n'y suffirait pas.
Nul n'est censé ignorer que l'abus, quel qu’il soit, a des effets néfastes.
Pourquoi condamner uniquement le vin ?
N'a t'on pas déjà atteint les sommets du ridicule à vouloir nous protéger de tous les dangers ?
La vie, par essence, est dangereuse. Toute espèce végétale, animale ou humaine naît pour mourir.
La vitesse au volant provoque des accidents… pourtant on n'envisage pas de peindre sur le capot de chaque voiture : "conduire nuit gravement à la santé"
Traverser la rue peut être fatal… pourtant on n'écrit pas sur chaque passage clouté : "Attention, traverser une rue peut tuer" !
Prendre l'avion peut nous conduire au cimetière… pourtant on n'écrit pas sur les titres de transport : "Attention, l'avion peut s'écraser" !
Cessez de nous faire peur !!!
Quelqu'un qui fume ne serait-ce qu'un paquet de cigarettes par jour a-t'il vraiment besoin qu'on lui indique sur l'emballage qu'il met sa vie en danger ? N'est-il pas capable de s'en rendre compte lui-même ?
On n'a de cesse de nous faire vivre dans la peur !
La peur de la grippe aviaire. Ce danger de mort dont on nous a rebattu les oreilles pendant des jours a disparu comme par enchantement des médias pour faire place à une autre peur, celle des banlieues.
Mais quand donc les hommes vont-ils comprendre que la peur les empêche d'accéder au plaisir de la vie ? Quand donc vont-ils comprendre qu'ils sont manipulés par la peur ? Les Français n’ont-ils pas réélu leur Président par peur de l'insécurité ? Et les Américains n'ont-ils pas réélu le leur par peur du terrorisme ?
LA PEUR NOUS MANIPULE, ELLE NOUS EMPÊCHE DE VIVRE. IL EST GRAND TEMPS D’EN PRENDRE CONSCIENCE !
Depuis 3 ans la consommation de vin a diminué de façon considérable en France et nous sommes toujours dans l'impossibilité de communiquer sur les vertus d'une consommation régulière et modérée de vin.
C'est vrai, de nombreux Français meurent chaque année de l'alcoolisme, de la misère, de dépression, de solitude, du cancer, de la maladie d'Alzheimer, d'accidents de la route… Et de la canicule. Ils n'ont pas été bien nombreux tous ces vertueux qui ne fument pas, qui ne boivent pas et qui ne font jamais d’excès à s'émouvoir du décès de 15.000 personnes pendant la canicule de l'été 2003 !
Combien de Français meurent chaque année de leur belle mort grâce à une consommation régulière et modérée de vin ?
Alors qu’il n’y a jamais eu autant de bons vins créés par de jeunes vignerons bourrés de talent, l’amateur de vin est devenu triste. Il se replie sur lui-même et se cache presque pour apprécier en paix le breuvage de Bacchus.
Il est grand temps de R E A G I R. Nous ne sommes ni des délinquants, ni des pochtrons, ni des irresponsables. Nous aimons le vin, nous en buvons régulièrement, nous sommes en bonne santé (nos analyses le prouvent) et nous ne sommes pas alcooliques !
NOUS SOUHAITONS EXPLIQUER HAUT ET FORT À CEUX QUI NOUS PROPOSENT UNE VIE EN NÉGATIF QUE NOUS VOULONS UNE VIE EN POSITIF !
NOUS NE VOULONS PAS DE CETTE SOCIÉTÉ D’ASSISTÉS ! NOUS VOULONS VIVRE EN CONSCIENCE.
DÉFENDONS LE PLAISIR DE BOIRE DU VIN !
Extrait d’un article publié dans la Charente Libre du vendredi 25 novembre 2005
En France, les "causes nationales" sont comme nos plateaux de fromages : d'une variété, d'une subtilité, d'une qualité à rendre jaloux la terre entière !
par Jacques GUYON
Et une de plus ! Encore une "grande cause nationale" au programme de nos politiques qui à défaut de pouvoir régler les problèmes essentiels de la société sautent comme des morts de faim sur tous les rapports qui leur permettent de montrer qu'ils sont décidément indispensables, éminemment responsables, résolument courageux et sublimement inventifs. En France, les "causes nationales" sont comme nos plateaux de fromages : d'une variété, d'une subtilité, d'une qualité à rendre jaloux la terre entière ! Dès l'instant où il faut "mobiliser pour" ou "lutter contre", nos hommes politiques sonnent le clairon et déclenchent la charge. Lutte contre le cancer, bataille contre le tabagisme, guerre contre l'insécurité routière, campagne contre les "incivilités": tout combat qui par ailleurs mérite évidemment d'être traité sérieusement ne semble pouvoir l'être que s'il reçoit le label, l'estampille, le cachet du politique faisant foi, la marque NF de "cause nationale". Et voici donc qu'hier, à la suite d'un énième rapport sur un sujet vieux comme la France, notre ministre de la Santé Xavier Bertrand vient d'annoncer rien de moins que le lancement dès 2006 d'"Etats généraux" pour permettre un "débat citoyen". Sur quoi ? Va-t-on enfin sérieusement s'attaquer au trou de la Sécu ? Va-t-on taxer les labos pharmaceutiques à la hauteur de leurs bénéfices contrairement à ce qui vient d'être voté par l'UMP hier ? Va-t-on mettre en place une carte médicale comme il existe une carte scolaire afin de lutter contre la désertification sanitaire de régions entières ? Que nenni.
Tout cela attendra car il y a plus urgent : lutter contre l'alcoolisme ! Et voilà qu'on nous reparle de ces "mentions supplémentaires" à apposer sur nos nobles bouteilles.
Comme pour le tabac on nous prépare de terribles mises en garde du genre "boire tue" ou "l'alcool freine la course des spermatozoïdes". Déjà - et même si la consommation d'alcool est en chute vertigineuse dans notre pays - les ayatollahs de la santé et des mœurs fourbissent leurs accusations en "estimant" à 2 millions le nombre de personnes "dépendantes à cette drogue" en France. Drogue : le mot est lancé. Terrible. Pour tous ceux et celles qui aiment la compagnie d'un verre de vin et qui n'ont pas attendu qu'on leur serine que "l'alcool se boit avec modération". Pour tous ceux surtout qui, de générations en générations "élèvent" la vigne avec amour et qui ne méritent pas un tel outrage. Un outrage à la Culture.
Nous vous invitons à vous abonner à la Lettre d’Information “LES 4 VÉRITÉS SUR LE VIN”, créée par le Groupe des 10 – une association qui, comme la nôtre, participe au débat qui donne des renseignements très précieux sur la consommation du vin ses bienfaits et ses méfaits.
ASSOCIATION LES 4 VÉRITÉS SUR LE VIN
Université du Vin
Le Château
26790 SUZE LA ROUSSE
Fax +33 4 75 46 91 22
Contact : Jean Luc Flaugère
Voir également leur site
www.les4veritesduvin.com
Ce mail a donc été envoyé par Christine Ontivéro, Michel Smith et Emmanuel Cazes, membres fondateurs du Parti d’en Boire.
si vous voulez rejoindre le Parti d’En Boire, contactez-les à l’adresse…
partidenboire@wanadoo.fr
Oeuvre de vin
La Terre
III
La Vigne
Les éditions françaises nouvelles, Grenoble
Date inconnue
Virgile pensait que le meilleur moment de planter la vigne est l’époque “où la blanche cigogne, l’ennemie des couleuvres, revient aux beaux jours du printemps”, si déjà le vigneron ne l’a fait “quand les coursiers rapides du soleil n’ont pas encore atteint l’hiver”.
Pour préparer le sol destiné à recevoir la vigne - on dit en Beaujolais “blainchayer”, ou bien “défoncer”, ou bien “miner” -, les anciens agronomes se servaient de trois instruments : le bipalium (bêche), la pala (pelle) et le rutrum. D’autres outils sont venus plus tard les remplacer dans cet office : pic et grappin, associés maintenant à la pelle.
Le sol prêt et devenu “plantier”, on procédait au piquage, soit en “barbues” (plants enracinés), soit en “chapons” (boutures), et cette prime façon se faisait, soit au plantoir, simple pieu de bois armé de fer, soit à la fourchette, plantoir de fer creusé en gorge et terminé par deux pointes au moyen desquelles on plongeait le “plant” dans la molle couche de la terre.
Et la vigne était prête.
J’ai parlé jusqu’ici au passé, mais le rite est toujours le même.
En janvier l’on “semarde” : c’est enfouir l’engrais répandu depuis peu sur la terre. Un peu après on “ablave” : c’est déchausser le cep, pour que l’air le puisse mieux pénétrer et l’exciter à croître.
Et puis, sans trop s’immiscer maintenant dans son œuvre féconde, on laisse à la Nature le soin d’acheminer la jeune vigne vers le temps où elle doit apporter à l’homme le prix de ses peines ; c’est à “la troisième feuille”, dit le vigneron dans son rustique langage, si dense de poésie : la troisième feuille, cela veut dire la troisième année.
La taille est faite dès les premiers mois de l’année : “taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars “dit dans sa sagesse l’homme de la terre, et c’est, en effet, ce qu’enseignait le père de l’Agriculture latine, Columelle, quand il disait que “la meilleure époque pour tailler la vigne est le printemps, avant qu’elle ne bourgeonne”.
La taille se faisait jadis à la serpe, ce que nous appelons aujourd’hui la goyarde et que les anciens nommaient “falcula”.
Alors, patient mais tremblant chaque jour un peu plus, le vigneron attend le jour béni de la récolte.
Tour à tour le bourgeon “débourre”, et bientôt sort et luit au soleil la petite feuille annonciatrice du bouillonnement de la terre.
Quelques jours encore, et puis rôde dans tout le pays une subtile et suave odeur dont l’air est partout embaumé : la vigne est en fleur ! Heures plénières et fugitives qui durent, elles aussi, ce que durent les roses !
Encore un peu de temps, et vers Saint-Jean d’été le raisin, érigé au sein de sa prison de feuilles comme le spadice d’un bel arum dans son calice immaculé, “fait le coquillon” : entraînée par son poids qui l’heure en beurre augmente, sa pointe est tombée vers la terre, et maintenant, il va mûrir, mûrir tant qu’il pourra.
Mais les torrides chaleurs de juillet vont venir bientôt, et avec elles les grandes inquiétudes. L'oreille tendue au moindre bruit, le vigneron veille ; il veille anxieux sur ce trésor qu’il ne peut plus protéger maintenant autrement qu’en priant pour lui. Résigné, il attend : c’est tout ce qu’il peut faire, si non “relever” sa vigne, dévotement, et la tenir bien propre, propre comme un beau jardin !
Et bientôt, maintenant, ce seront les vendanges, qu’il faudra commencer entre l’équinoxe d’automne et le coucher des Pléiades : c’est déjà plus que de l'espoir ; ce sera bientôt la récompense promise à la fois dans la terre, ce sol qu’ont remué ses aïeux jusque dans ses entrailles secrètes, qu’ils ont fouillé de leurs bras puissants et jamais lassés.
Vendanges ! ripailles et festins, folles réunions d’amis, disait Lampide, où l’amphytrion offrait à ses invités les plus beaux raisins de sa vigne : “Uvas edendas amicis dabant”(Varron).
Vendanges ! glissade, chutes et quolibets : “Atque inter pocula lacti mollibus in pratis unctos saluere per utres” (Virgile, Géorgiques, II, 383).
Vendanges ! bennes et tonneaux, cuves pleines et pressoirs rebondis, chamoures et beuveries : “Bonum vinum leatificat cor hominis”.
Et l’on se remet au travail, ce travail qui ne finit jamais.
“Le travail”, maintenant, c’est, quatre, six, huit jours plus tard, selon que le temps reste chaud, ou bien que les fraîcheurs, au contraire, sont venues -, le travail c’est le pressurage.
Qui nous reparlera de ce gigantesque instrument avec quoi, il y a moins de cent ans, chaque vigneronnage pressurait encore sa vendange ? Construction colossale faite de deux arbres énormes, les plus gros, les plus forts que pouvait donner la forêt voisine ; casse-noisettes géant, ainsi qu’on l’a dit plaisamment, où s’attelaient quatre, six, dix hommes parfois, suant, haletant ; et sous leur effort immense gémissait l’immense machine dont les craquements emplissaient toute la campagne.
L’oeuvre de vin était accomplie !




