L'identité visuelle, un long fleuve tranquille ?

Souvent, lorsque nous expliquons que notre métier, c'est aussi de régler une graisse, un espace entre deux lettres, un choix typo, une couleur… beaucoup ont du mal à y croire. Et pourtant, au fil du temps, on se rend compte à quel point l'image se doit d'être précise, minutieuse, laborieuse. De ce point de vue, l'évolution du logotype de SONY est éloquente...

 

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Un film sur les règles du rugby…

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Mars 2007, l'OP des Conchyliculteurs de Thau choisit Made in mouse

L'OP des Conchyliculteurs de Thau a pour mission, selon ses statuts et conformément aux textes européens, d'ouvrir de nouvelles voies pour l'organisation et la structuration du marché avec pour finalité l'amélioration des conditions de vente des produits conchylicoles : maintien des cours, écoulement des stocks, amélioration de la qualité.

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Elle a été créée en 1998 par une cinquantaine de producteurs désireux de faire reconnaître la qualité de leurs produits à son juste prix, et de renforcer leur position sur le marché. Elle a été reconnue Organisation de Producteurs représentative du bassin de Thau par l'Union Européenne et l'Etat Français en février 2000.

 

Jusqu'en 2004, l'OP s'est structurée, a développé des services professionnels pour ses adhérents, et a approfondi et pris la mesure de toutes les problématiques du marché ostréicole. Depuis 2004, l'OP compte en moyenne 160 adhérents sur environ 550 exploitations conchylicoles sur le bassin de Thau. Leur démarche qualité existe :
• les premiers adhérents sont habilités et respectent le cahier des charges,
• Bureau Veritas a donné sa reconnaissance et réalise les contrôles en routine.

 

Ils ont besoin maintenant d'un nom, d'un logo, d'une image pour identifier les adhérents engagés dans la démarche, ainsi que la démarche elle-même, c'est à dire une marque collective.

 

Après compétition (4 agences), Made in mouse a été choisie pour accompagner l'OP dans sa démarche. A suivre…

 

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www.pionniers.info

Vive la Riste d'aubergine Jean Martin !

 

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C'est un bel exercice de lifter un produit qu'on a designé il y a déjà longtemps (dix ans environ). On a certainement gagné en fraîcheur, en gourmandise, en impact.

 

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www.jeanmartin.fr

Février 2007, de nouveaux habits pour Château Grenouilles

Château Grenouilles, vin mythique

 

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(photo Richard Sprang)

Situé en plein cœur des Grands crus, au pied du coteau de Grenouilles, le domaine de Château Grenouilles est un ensemble exceptionnel et unique à Chablis. Ce domaine de 7,20 ha d'un seul tenant, magnifiquement exposé au sud-ouest face au village, produit le plus rare des Chablis Grands Crus : le Grenouilles. Issu de deux petites parcelles de vieilles vignes, le Château Grenouilles allie précision au nez, pureté des arômes en bouche, harmonie entre puissance et finesse et grande longueur finale. Doté d'une grande capacité de garde, il est l'expression d'un grand vin de terroir chablisien.

 

Nous sommes fiers d'avoir eu l'honneur de lifter ce pack…

 

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www.chablisienne.com

Janvier 2007, une nouvelle identité visuelle pour La Chablisienne

 

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L'identité datait de 1923… il nous a donc fallu du temps pour définir le nouveau signe. Nous avons conservé le principe d'une typo scripte, mais nous avons gagné en élégance et en typicité. Nous avons évidemment conservé le personnage, cette femme qui porte triomphalement une bouteille ! Quel engagement ! Mais nous avons gagné en impact et lisibilité en retravaillant sa robe, sa chevelure, sa démarche même…

 

Le nouveau signe est en deux couleurs. Elégant, efficace, distinctif, à l'image des vins de La Chablisienne.

 

Pour en savoir plus, consultez le site web que nous développons actuellement

www.chablisienne.com

Deux rencontres en deux siècles, par Michel Serres

a360a357488c8521c3d932fd0eb4a4b8.jpeg"Maître électricien en semaine et arrière le Dimanche, Monsieur Guiral passe un drop aux Quillanais à l'extrême fin de la finale et de cinquante mètres, m'a-t-on dit. Agen devient champion de France pour la première fois, à la barbe de ces riches marchands de chapeaux. Cet après-midi-là, en deuil de Pradié, mort sur le terrain d'un méchant placage du Palois Taillantou, les quinze du Sporting jouaient avec un brassard noir. Voilà l'un des trois événements - géant, tragique et glorieux, celui-là - qui firent, pour moi, de dix-neuf cent trente, une année singulière. L'autre, aussi gigantesque, mais malheureux, avait vu Garonne envahir la ville et détruire de sa boue humide édifices et maisons ; un des rares mariniers de la région, mon père supporta héroïquement la calamité en restant, jours et nuits, au milieu du lit, entre la Passerelle et le Pont de Pierre, dans les flammes du courant, sauvant ceux que ses bateaux pouvaient atteindre. Le troisième événement, si minuscule et neutre qu'il passa et passe encore inaperçu, me vit naître de ses œuvres, après qu'il eut aidé ma mère à enjamber la fenêtre du premier étage vers sa barque. Je ne me souviens, bien sûr, d'aucun des trois. Sauf qu'ils décidèrent de ma vie entière, je veux dire de l'attachement de ce nouveau-né menu à son fleuve et à son club, qui ne lui demande, aujourd'hui, d'écrire cette Préface qu'en raison de ce grand âge, durant lequel il a suivi les destinées de son équipe - au moins les huit décennies sur les dix qui viennent de finir.

Pendant toute mon enfance, d'abord, aucun Agenais, moi compris, ne voyions Marius Guiral pédaler à vélo, sur le boulevard, muni de son attirail de fils et de tournevis sanglé sur son porte-bagages, sans croire qu'un Ange passait à sa place. Qu'il vienne réparer quelque circuit chez un voisin, et, avec dix galopins, nous nous massions devant la porte du client pour ne pas rater l'advenue de ce dieu merveilleux. J'ai oublié la date exacte de ma conversion à cette religion, mais ma vie entière lui resta fidèle, comme à la Garonne.


Car, à dates quasi régulières, presque autant que des pruneaux, Agen produisait de nouveaux dieux. Leurs noms et leur gloire rythmèrent mon existence. Ils m'ont tous aidé à vivre, mieux même, à survivre à des travaux forcés de parole et de plume. Qu'ils m'ont fait crier d'admiration et de joie ! Qu'ils m'ont donné la fierté du pays ! En cent années, ils ont défini un style artiste qu'ils se sont mystérieusement transmis de génération en génération ; leurs adversaires disaient de ceux qui le pratiquaient : on peut, à la rigueur les battre, on ne peut pas les imiter. Les yeux fermés, les goûteurs reconnaissent un crû de Graves ou du Médoc ; les yeux ouverts, les connaisseurs goûtent le jeu à l'agenaise.


Merci à tous ceux qui l'inventèrent et le portèrent à une perfection telle que, souvent, elle m'arracha des larmes, merci à ceux que j'ai connus et qui devinrent mes amis autant qu'à ceux que j'ai ratés pour raisons de voyage, d'absence, mais jamais d'infidélité. Que je courre en Amérique, dans l'hémisphère Sud, au Japon ou à Landerneau, je crois n'avoir jamais vécu un soir de Dimanche - l'heure dépendait du décalage - sans téléphoner, haletant, à quelqu'un de la famille ou à un ami proche, restés au pays, pour leur poser chaque semaine la même question : Agen a-t-il gagné ?… sans que mon cœur batte la chamade, et plus mal encore, quand le quinze perdait. De la victoire s'ensuivaient la forme et le moral de la semaine !


Rencontre du premier siècle

Ces dieux, je les vois tous, ici, du haut de mon grand âge, jouer. À combien de matches ai-je réellement assisté par rapport à ceux que j'ai imaginés, loin du Sud-Ouest et même de la France, ou qu'un témoin m'a rapportés ? Précise et défaillante à la fois, ma mémoire ne m'en présente, aujourd'hui, qu'un seul, dans un stade Armandie de printemps, sous le ciel pastel d'Aquitaine, parmi les acclamations de la ville et de la campagne alentour, un seul, dis-je, qui résume les dizaines de rencontres du siècle passé, un seul donc merveilleusement joué par une seule équipe, chaque poste se trouvant tenu par un maître incontestable et transcendant, entouré d'un éventail de remplaçants éblouissants. J'ai bien dit un dieu et des Anges. Cette rencontre solennelle ne dura pas quatre-vingts minutes, mais quatre-vingts ans.

Après ou avant le fameux drop des dernières minutes, le Marius de 30 cède donc son poste à Bonnet, à Razat, puis à Elhorga, sans oublier, au passage, le fin, le délicat, l'intelligent Guilleux, professeur, tennisman, arrière de charme… Devant lui ou eux, je vois se déployer l'aile Calbet-Baladié - si Calbet, notre Vieux Maître à tous, lit mes lignes, je le bénis, qu'il le sache, et lui demande s'il se souvient que Baladié habitait, face à Garonne, la maison du cordier, à côté de chez moi - ; à la place de ce dernier, nous allons applaudir Samatan, Pomathios ou Méricq ; et, au centre, après Calbet, Mazas, certes, mais surtout Sella, Philippe de son prénom et Monsieur 111 par titre authentique et national - je ne peux me passer de l'essai de Sella, dont les Anglais mêmes ne revinrent pas ! À Twickenham, il récapitula, en deux temps trois mouvements, l'ensemble des gestes qu'un homme de talent sait faire à ce poste et à cette occasion - ; sous le maillot frappé du numéro 10, voyez l'ouvreur Carabignac redresser l'attaque - il était à l'école primaire avec moi et, devenu émigré à Paris, j'entraînais de nouveaux amis à Colombes, pour le voir affronter, pour la première fois, les redoutables Springboks - puis, sous le même maillot, nous verrons évoluer Camille Bonnet, Delage - quelle intelligence, quel placement, quelle distribution de jeu ! -, Viviès, Dehez et sa régularité au pied, Lamaison et Gelez. Se place maintenant derrière la mêlée, d'abord notre génie local, l'enchanteur Pierre Lacroix, pédago ici et capitaine aussi sous bien des latitudes, trois fois champion à finales mémorables, avec, derrière lui, tout un quinze de légende, mais n'y oubliez Barrau ni, surtout, Berbizier, très grand, lui aussi ; quant à la troisième ligne Basquet-Mateu-Bruneteau - mon père disait Basquet de ses cousins, du côté de Sérignac -, nous faisons fort ; béez donc devant la liste de leurs remplaçants, que vous voyez s'échauffer le long de la ligne de touche : Echavé, Sitjar, Biémouret, Zani, Gratton, Erbani, Béguerie, Benetton… n'en jetez donc plus ; pour le couple des seconds, qui ne se souvient de Landes-Ferrasse, de Fort, d'Haget, de Plantefol… Et qui a perdu la mémoire du somptueux placage de Daniel Dubroca, pilar et grand capitaine des légions agenaises et françaises, sur l'arrière de Béziers, exploit qui nous valut encore un titre et, plus tard, de son accident à la langue d'où Berbizier le tira, lors d'une autre finale… Car, en première ligne, nous faisons, de nouveau, fort ; voyez donc s'aligner, commandés par Dubroca, Marcel Laurent, Clavé, Malbet, Lasserre, Bénésis, l'ami Crenca… J'enrage de citer seulement les rares que je vois, en ce moment, jouer ce match de résumé… les autres me pardonneront-ils ? En cette rencontre enchantée, je chante, toutes ensemble, les finales gagnées, mais je pleure, malheur, celles que nous perdîmes contre Bayonne, en 43 (3-0, misère !), face à Toulouse, après guerre, contre le Racing et Biarritz, plus tard. À qui donner, enfin, le brassard de capitaine, alors qu'une équipe de lions commandée par un cerf cédera toujours le terrain à une équipe de cerfs commandés par un lion ? Ne voyez-vous pas, comme moi, Pierre Lacroix passer, à la mi-temps, le flambeau à Daniel Dubroca ? Et, à la fin de ce match, pour célébrer la victoire ou pour nous consoler d'un fâcheux faux pas, allons donc prendre un pot chez le fabuleux Bédère, critique judicieux et conteur jovial, derrière son comptoir ; ou prenons, intimidés, rendez-vous au bureau de Ferrasse, devenu patron mondial, bonasse, bougon et redouté ; saluons, au passage, Benazzi, hercule sympathique et premier marocain à commander le Quinze de France…

Ainsi, ma mémoire vous invite, lecteurs, à voir un seul match de charme, illustré par autant d'ancêtres superbes, inondés de la lumière d'extraordinaires exploits… capitaines, internationaux, avants, demis ou trois-quarts… tout aussi célèbres à Murrayfield, Johannesburg, Christchurch, Bucarest ou Buenos-Ayres qu'au Passage, Lectoure ou Astaffort. Car nous avons une vieille habitude, nous autres Agenais, de cette mondialisation que redoutent tant d'autres, peureux : depuis plusieurs siècles, nous exportons partout nos pruneaux et, depuis cent ans, nos talents ! À l'école, on nous apprenait à respecter les grands hommes du Panthéon : Charlermagne, Pasteur, Victor Hugo… incroyable, ils portaient tous la barbe, fleurie même quelquefois ! Beaux comme d'Artagnan, costauds comme Porthos, astucieux et braves comme quinze Mouquetaires, nos héros, à nous, dépassent rarement trente ans. Je n'échangerais jamais ce match séculaire contre l'ennui glacé de ce Panthéon de marbre ! Ô maires d'Agen, que n'avez-vous encore donné à des rues, à des places, à des boulevards ces noms séculaires ?

De tels miracles ne tombent pas du ciel. Le halo de la gloire et la magnificence du soleil éclairent, verticaux, le haut de l'iceberg, dont on n'estime pas toujours à sa juste valeur l'énorme masse immergée, plus noire. Pour que le style agenais advienne, se reproduise et s'impose ici et ailleurs, il faut, derrière et dessous, des travailleurs de l'ombre, humbles, efficaces, solides, dévoués, toujours à la peine, rarement à l'honneur. Je renverse l'iceberg et chante maintenant le mérite de ces modèles modestes. Au quinze premier, il faut une équipe seconde, où puiser la réserve - le cher Laurent Lubrano fut si souvent champion de France, là, qu'il porta fièrement le brassard de capitaine en première - puis un lieu de formation, des jeunes, cadets, juniors et benjamins, enfin, pour les tirer vers le haut, combien d'éducateurs ? Construit comme un édifice, un grand club rayonne et ne rayonne qu'à partir de ces fondations-là. Sans leur solidité, pas de brillance, en haut. Cent ans de dévouement acharné sous la soute : chapeau !

Il y faut enfin un public. Ici : expert, calme, sans excès, connaisseur, raffiné, j'allais dire académique ; non, - mais ne dites jamais des choses pareilles à un homme politique - j'allais dire : fleurant l'aristocratie… à l'imitation de l'équipe.


Le match de ce second siècle

Jugez donc combien, à la fin de ce siècle admirable et au moment même où commence le second, mon cœur et le vôtre avons dû, après avoir battu d'inquiétude, prendre le deuil. Finie cette rencontre séculaire et féconde, nous foulons, pour la première fois, l'herbe amère des seconds. Agenais, ne croyez pas que cet événement vous concerne seulement. J'ai entendu, à Paris et à l'étranger, des gens hautement respectables, quoique relativement éloignés d'Ovalie, déplorer cette descente-là. Elle fit événement. On pleurait Agen partout.

Mais, là, j'ai deux choses à dire, capitales, et à les crier sur les toits, du Gravier au Coteau, du Pin au Passage et du Gers au Lot. D'abord, que, d'ordinaire, les amis pullulent en vaches grasses et moments de richesse et qu'ils se font plus rares dans les restrictions ; or, miracle, je les vois arriver de partout, dans ces jours de l'épreuve majeure, venir vers l'équipe, le nouvel entraîneur, les dirigeants. Donc ce sont des amis vrais, donc tout reviendra, premier espoir ; les grands clubs ne meurent pas.
Et maintenant, deuxièmement, écoutez-moi, car je n'ai accepté, malgré mon indignité, d'écrire cette Préface, que pour annoncer ceci : cette mienne vie, si longue, et l'expérience humaine qui l'accompagne forcément m'ont appris, parfois avec cruauté, qu'il n'existe de choses grandes, beaux destins ou parcours d'excellence, qui n'aient, à un moment fatal, goûté à l'amertume de la défaite, connu la chute brusque vers une humble position ; de tels échecs entraînent l'obligation de réexaminer avec attention ses forces propres et leurs limites. Sans une vraie traversée du désert, il n'existe pas de haute fortune. Nous entrons aujourd'hui dans l'épreuve, préparation et promesse de redressement. Il faut profiter, mais oui, de ce passage dur et dense d'enseignements. Faire contre pire fortune grand cœur. Oublier que nous avons pensé, parfois, oui, avec vanité, oui, avec quelque arrogance, que, forts comme nous étions, il ne pouvait rien nous arriver. Précieux, l'apprentissage d'une telle humilité. Celui qui n'a jamais reçu de coup de corne, droit devant, ne deviendra jamais un torero de valeur. On peut beaucoup gagner d'avoir perdu et d'en sortir navré, on peut y accumuler formation et puissance. Et les concentrer de sorte que l'on en sort meilleur. MEILLEUR !

Voilà ma certitude, à l'orée du second siècle, celui que je ne verrai pas, celui où se disputera la deuxième des rencontres dont j'ai promis de vous parler. J'y assisterai, en un second rêve, en la compagnie amicale de Marius Guiral et Pradié, Samatan et Pomathios, Guy Basquet, Marcel Laurent et quelques autres, mieux encore qu'à celui dont je viens d'assurer le reportage, car, pour le coup, nous le verrons assis ou perchés sur des gradins en forme de nuages, dans l'Autre Monde, celui qui, de très haut, regarde et protège Armandie. Qui sait combien y coûtera le billet d'entrée ? Quant aux noms des internationaux qui joueront ce match-là, je vous renvoie, pour les apprendre, au livre de 2107, dont un aficionado plus méritant que moi rédigera la Préface, et dont Daniel Dubroca, Laurent Lubrano et l'équipe qui va commencer de jouer en Août, déjà dirigée, de main de maître, par Henri Broncan, s'apprêtent à écrire le premier chapitre. Anciens joueurs ou supporteurs, nous pourrons le feuilleter alors, nous autres gens du siècle passé, ou en dégustant les délicieuses racines de pissenlit éparses sous la lise apportée par les inondations de Garonne ou confortablement installés en haut de ces tribunes-là.


Ce deuxième match de rêve, je vous jure qu'il sera plus beau encore, plus enthousiasmant que le premier, celui que je viens de résumer, auquel j'ai assisté, de corps ou de cœur, pendant huit décennies sur les dix, douces et glorieuses, qui s'achèvent, et que je célèbre moins peut-être que les dures aventures à venir."
               
MICHEL SERRES
Août 2007


Texte de préface au livre consacré au centenaire du SUA (Sporting Union Agen Lot et Garonne, 1908-2008).

Le Grand Véfour, antre de l'ami Guy Martin

anciennement “Café de Chartres”


“Réputation antique et solennelle. La Maison n’a point besoin qu’on la vante”. Auguste Luchet, 1864

Renouveau et décadence, mets exquis et semelles de bottes, révolution, incendie, attentat... le plus vieux restaurant de Paris a beaucoup vécu et triomphé des pires épreuves. En flânant sous les galeries bucoliques ou dans les jardins du Palais-Royal, bien des promeneurs d’hier et d’aujourd’hui se sont senti irrésistiblement attiré vers la galerie de Beaujolais, où brille Le Grand Véfour, joyau de la restauration parisienne, encore tout bruissant des joyeux échos qui ont animé le Palais-Royal pendant plus d’un siècle. Des milliers de gourmets s’y sont attablés depuis 1784…


Un lieu royal

Occupant toute la largeur du péristyle de Joinville, avec un retour sur la rue de Beaujolais, l’établissement ouvre sur les jardins par trois arcades. L’enseigne “Café de Chartres”, qui figure sur la façade côté jardin, porte le nom de l’établissement qui a précédé Le Grand Véfour (appellation choisie pour honorer le duc de Chartres, fils aîné de Louis d’Orléans, celui qui entreprit le lotissement du Palais-Royal et père du futur Philippe Egalité, dernier propriétaire du Palais avant la Révolution française).

La porte franchie, nous voilà transportés deux cents ans en arrière ! Ornée de délicates boiseries sculptées de guirlandes de style Louis XVI, l’entrée donne accès à deux salles. Aux murs, les glaces alternent avec les fameuses toiles peintes fixées sous verre. Inspirés des fresques pompéiennes du style néo-classique si prisé sous l’Empire, les thèmes de la décoration (gibier, poissons, fleurs et femmes aux paniers fleuris) éveillent la gourmandise. Au plafond, rosaces et guirlandes en stuc encadrent des allégories de femmes, peintes sur la toile à la manière des plafonds italiens du XVIII° siècle. A l’entresol, une vaste salle ornée de boiseries du même siècle peut accueillir une belle tablée.

Un écrin, une bonbonnière gourmande, un lieu hors du temps ou la joie de vivre semble s’être toujours imposée.

Mais remontons le temps. L’histoire commence au XVII° siècle. Pour se rapprocher d’Anne d’Autriche, qui réside au Louvre, Richelieu a fait édifier sur l’emplacement actuel du Palais-Royal un somptueux palais, appelé le Palais-Cardinal. A sa mort, le palais légué à Louis XIII et à ses héritiers échoit à Louis XIV, qui en fait don à son frère, Philippe d’Orléans. Son fils, devenu régent en 1715, entreprend de grands remaniements et modifie les jardins qu’il ouvre au public. Le quartier du Palais-Royal jouit aussitôt d’une vogue qui ne cessera de s’amplifier tout au long du siècle. Le voisinage du Régent n’est sans doute pas étranger à la faveur que connaissent les jardins auprès des Parisiens. Esthète, Philippe d’Orléans attire une foule distinguée aux fêtes somptueuses qu’il donne dans son palais. Gourmet, il trie sur le volet les élus dignes de participer à ses soupers très intimes. Dans les jardins très fréquentés du Palais-Royal s’installent des baraquements où il se fait une consommation prodigieuse de glaces aux parfums exotiques, de boissons et de rafraîchissements à la mode, comme le punch.

Quelques années plus tard, le nouvel occupant du Palais, Louis-Philippe Joseph, celui-là même qui votera la mort de son cousin Louis XVI, mène grand train. Il se trouve à court d’argent et l’idée lui vient de lotir les jardins de son palais. En 1781 commence une fantastique opération de promotion immobilière : la construction des galeries de Montpensier, de Beaujolais et de Valois qui entourent les jardins sur trois côtés. Ces galeries de pierre sont reliées par les galeries de bois, remplacées aujourd’hui par la galerie d’Orléans, qui jouissaient de la réputation flatteuse d’être “le rendez-vous de tous les crocs (voleurs), escrocs, filous, mauvais sujets dont abondait la capitale”, sans compter les nombreuses “fleurs vivantes qui gagnaient à être connues”, logées à l’entresol ! La Montansier, directrice du théâtre de Versailles, possède elle-même dix-sept arcades dont deux sont louées à un établissement de prostitution. En 1784, l’ensemble monumental  construit par Louis, l’architecte du théâtre de Bordeaux, et du Théâtre-Français à Paris, est terminé. Le Palais-Royal, détrônant définitivement le Marais, devient le plus brillant aimant de la vie parisienne et surtout le berceau de la gastronomie française. Les galeries sont publiques ; on peut y circuler en toute impunité jusqu'à une heure avancée de la nuit car le puissant propriétaire des lieux a pris soin d’en interdire l’accès à la police. De conception très moderne, les soixante pavillons édifiés autour des jardins doivent être loués à des commerçants, qui exploiteront les boutiques du rez-de- chaussée, et à des particuliers qui logeront dans les étages. Occupant la largeur de trois arcades, chaque pavillon s’élève sur quatre niveaux. Les amateurs de bons placements se précipitent sur cette manne providentielle dans l’espoir de faire rapidement de bonnes affaires grâce à la clientèle potentielle qui fréquente les jardins.

Ici est Paris


Le 4 mai 1782, le sieur Aubertot, limonadier de son état, loue sur plan une maison au duc d’Orléans, pour la somme de 14 000 livres par an. L’emplacement qu’occupe aujourd’hui Le Grand Véfour est judicieusement choisi : il se trouve juste en face du théâtre des Petits Comédiens du comte de Beaujolais, qui appartient au troisième fils du duc d’Orléans. Sitôt achevée la construction des pavillons, Aubertot ouvre en 1784 un café à l’enseigne du café de Chartres.

L’opération fut-elle moins rentable qu’il ne l’avait espéré ? En 1787, pour 300 000 livres, Jean-Baptiste Fontaine achète au duc d’Orléans, contraint à la vente du lotissement par de nouvelles difficultés financières, la maison louée par Aubertot et reprend le fonds du limonadier pour 40 600 livres. Pourtant, le Café de Chartres était honorablement connu puisqu’il figurait en 1785 dans l’Almanach du Palais-Royal utile aux voyageurs : “Une nombreuse et bonne société se réunit dans ce vaste local pour y lire des papiers anglais et allemands”, selon une mode venue d’outre-Manche. “Les gens d’affaires viennent consommer et jouer aux dames et aux échecs, les étrangers distingués ne manquent pas de s’y installer.” C’est un café chic, les prix en témoignent : “Ils sont aussi élevés que chez son célèbre voisin, le Café du Caveau où l’on  paie six sous pour une prétendue tasse de moka quand on a une excellente tasse pour cinq sous au café du Pont-Saint-Michel, mais nous sommes au Palais-Royal !” ironise Mayeur de Saint-Paul dans son Tableau du Nouveau Palais-Royal, paru en 1788. Il est de bon ton de s’y montrer et l’on y parle beaucoup de politique : au Palais-Royal fermentent toutes les idées qui mèneront la France à la Révolution. Pourtant, Paris ne manque pas d’autres cafés. Sébastien Mercier, le chroniqueur truculent de la fin de l’Ancien Régime, en dénombre pas moins de six cents dans la capitale…

Un des premiers restaurant ou l’on pratique le déjeuner à la fourchette…

L’entreprise de lotissement du Palais-Royal osée par Louis-Philippe Joseph d’Orléans a rencontré un vif succès auprès des Parisiens. Et ce coup de poker a merveilleusement réussi au bon vivant qu’est le propriétaire des lieux. Non seulement ses problèmes d’argent sont résolus, mais il a réussi à créer à proximité de son palais le centre d’animation le plus vivant de Paris, où tous les plaisirs s’offrent à l’amateur : maisons de jeux, cabinets très particuliers, cafés sélects et bientôt les premiers grands restaurants, lancés par la mode du “déjeuner à la fourchette”. Cette concentration de la haute restauration parisienne fera beaucoup pour asseoir la suprématie de la cuisine française dans le monde : “Lorsque l’Europe en armes se rua tout entière contre la France, tous les chefs de cette multitude n’avaient qu’un seul cri d’attaque : Paris ! Paris ! Tel fut le cri qu’ils poussèrent des bords du Rhin aux rives de la Seine. A Paris, que demandaient-ils tout d’abord ? Le Palais-Royal ! Au Palais-Royal, quel était leur premier désir ? Celui de se mettre à table chez les restaurateurs, dont ils citaient les noms glorieusement venus jusqu'à eux”, écrit Eugène Briffault, l’auteur de “Paris à Table”.

D’ailleurs, le terme de restaurant pour désigner un établissement qui offre au client de la nourriture ne date que du XVIII° siècle ; auparavant, il qualifiait de simples bouillons “restaurants ou revigorants”. Aussitôt apparue, la vogue des restaurants s’amplifie grâce aux Assemblées législatives, qui obligent les députés venus de province à se restaurer avant les séances de l’après-midi, et à la rage d’imiter les anglais qui ont l’habitude de prendre leurs repas dans les tavernes. Entre 1770 et 1789, une centaine de restaurants voient le jour à Paris. Il existait bien auparavant dans la capitale des tables d’hôte et des traiteurs convenables, mais aucun restaurant qui puisse offrir au client un repas à la carte, à toute heure du jour, dans un cadre agréable. L’honneur d’avoir inauguré le premier établissement de luxe à Paris revient à Antoine Beauvilliers, ancien cuisinier du prince de Condé et du comte de Provence, réputés pour le raffinement de leur “bouche”. En 1788, il achète une maison dans la galerie de Valois, à quelques mètres du Café de Chartres. Pendant quinze ans, le restaurant de Beauvilliers le Magnifique restera le plus illustre, malgré la Révolution qui gronde jusqu’au cœur du Palais-Royal et malgré les nombreux imitateurs qui s’installent dans le périmètre.

Les affaires de Fontaine, propriétaire du Café de Chartres, allaient bon train puisqu’en 1791, quatre ans après son installation et malgré le trouble de la période, il demande l’autorisation de planter une tente dans les jardins pour agrandir son café et abriter sa clientèle. Poussé par les succès du déjeuner à la fourchette, il sert désormais des mets délicieux qui lui assurent une place honorable parmi les jeunes lions de la restauration (le Bœuf à la Mode, Méot et les Frères Provençaux) et lui attirent une clientèle de gourmets qui s’ajoute à celle des hommes politiques.

Les cafés du Palais-Royal sont devenus des lieux de conspiration et le Café de Chartres devient le quartier général des ultras qui, après Thermidor, organisent des battues contre les jacobins qui se risquent alentour. Par vocation, le Café de Chartres sera d’ailleurs toujours dans l’opposition : on lui donne même le surnom de Café des Canonniers !

L’Empire puis les Alliés font du Palais-Royal la “Capoue de la France”. En 1815, les galeries abritent quinze restaurants, vingt cafés, dix-huit maisons de jeux où les Alliés remboursent allègrement les indemnités de guerre versées par les Français, onze monts-de-piété qui secourent les malchanceux et les nombreuses maisons de prostitution des entresols. Le Café de Chartres bénéficie de cette prospérité, les fins gourmets défilent dans ses salons : Murat, le duc de Berry, Rostopchine (le père de la comtesse de Ségur) et les chantres de la gastronomie comme Grimod de la Reynière, père de la chronique gastronomique, Brillat-Savarin, doctrinaire de La Physiologie du goût et Berchoux, le poète. Néanmoins, la concurrence est rude sous la galerie de Beaujolais. Les Frères Provençaux, installés en 1786, qui rivalisent avec Véry, établi en 1808, sont réputés les meilleurs. Au Café de Chartres, deux propritaires, Charrier puis Moynault, succèdent à Fontaine avant l’arrivée de Jean Véfour qui fera la gloire de l’établissement, rebaptisé à son nom.

Du Café de Chartres au Grand Véfour


Jean Véfour est né le 5 mai 1784 à Saint-Juste-en-Bast, petit village de la Loire. Fut-il réellement chef des cuisines de Louis-Philippe d’Orléans, futur roi des Français, comme certains l’affirment ? Nul ne sait. Une chose est sûre : l’ambition  ne lui fait pas défaut. En 1820, à l’âge de trente six ans, il achète la maison où est installée le Café de Chartres, pour la somme de 900 000 francs. Posée sur trois arcades et dressée sur trois niveaux, elle a abrité les amours de Barras et de la Montansier, qui l’habita jusqu'à son quatre-vingt-dixième et dernier printemps. Fragonard habita aussi l’immeuble et y mourut en 1806, en mangeant une glace !

Jean Véfour souhaite, passionnément, faire de cet ancien bistrot un restaurant somptueux pour surpasser Véry, son voisin et rival. Sans lésiner, il aménage les trois niveaux, tous dotés d’une cuisine, et décore les salles avec un souci évident de luxe. Et la qualité de la cuisine est à la hauteur du cadre.

Le résultat ne se fait pas attendre et le Tout-Paris se presse chez Véfour : “L’ancien Café de Chartres, après bien des fortunes diverses, est maintenant un des restaurants les plus achalandés de Paris. Véfour y a ramené la foule. Nulle part on n’y apprête mieux un sauté, une fricassée de poulet à la Marengo, une mayonnaise de volaille. Les salons sont encombrés dès 5 heures du soir d’une foule de dîneurs”, écrit Grimod de La Reynière qui souligne que “Le Café de Chartres est de ceux où l’on fait bonne chère pour un prix modéré” ! Le voisinage de Corcellet et de Chevet, marchands de  comestibles les mieux fournis de France et sans doute du monde, n’est pas pour nuire à la notoriété du restaurant. Jean Véfour a gagné son pari : sa table, la meilleure de Paris, attire une clientèle toujours plus nombreuse et il prépare chaque jour deux mille couverts !

Les tables de marbre

La cuisine de ce début du XIX° siècle est celle qui, codifiée par le célèbre Antonin Carême, le premier des cuisiniers “stars”, qui régna sous l’Empire, forme les bases de notre cuisine bourgeoise traditionnelle. La carte du Véfour est éclectique : si la truffe y est reine et fait monter les prix à une hauteur vertigineuse (huit francs pour un poulet marengo à la truffe !), on peut aussi se régaler de simples côtelettes de mouton à dix-huit sous la paire ou de merlan à un franc et dix sous. Les desserts sont incontestablement la partie la plus faible de la cuisine de cette époque. Il faudra attendre la fin du XIX° siècle pour que la pâtisserie connaisse son âge d’or en France. Fruits, confitures, biscuits, macarons et meringues sont les desserts les plus consommés. Mais quels fruits ! Toute une gamme des productions régionales est présentée dans un état de fraîcheur parfaite - du raisin de Fontainebleau à la groseille à maquereaux -, mais aussi les produits exotiques comme l’ananas cultivé en serre à Sarcelles.

Un fâcheux homonyme, sans lien de parenté, étant venu s’installer non loin, Jean Véfour ajoute le qualificatif de “Grand” sur l’enseigne de son établissement. Sa fortune est si considérable qu’en 1823, soit trois ans seulement après l’achat du Café de Chartres, il se retire des affaires pour profiter de la nouvelle vie qui s’offre à lui après son remariage avec la jeune Adélaïde-Elisabeth Billion. Il revend l’affaire pour une somme coquette à son ami Louis Boissier qui fut témoin à son mariage. Digne successeur de Véfour le Grand, Boissier maintient l’établissement au plus haut de sa cote et parvient même à hériter de tous les déjeuners de la galerie de bois et de la galerie vitrée.

Les affaires marchent si fort qu’en 1827, il cède à son tour le restaurant aux frères Hamel. Il peut se flatter d’avoir du flair, car l’incendie des galeries de bois en 1828 et la fermeture des maisons de jeux en 1836 portent un coup fatal au Palais-Royal et signent l’arrêt de mort du cœur de Paris.

La lente agonie du “terrible bazar”

Commence alors la lente agonie de “ce terrible bazar”, qui fut “le coin le plus fantastique de Paris pendant cent ans”. Le Boulevard a pris la relève : c’est lui qui séduit et retient désormais l’amateur de plaisirs parisiens. Mais grâce au talent des frères Hamel, Le Grand Véfour, digne et imperturbable, résiste à cette concurrence féroce et assiste en toute sérénité au naufrage du Palais-Royal. En 1840, il est même au mieux de sa forme et triomphe définitivement de ses seuls vrais rivaux, les Frères Provençaux et Véry. Si les grands dîners se font au Rocher de Cancale, cher à l’estomac de Grimod de La Reynière, les déjeuners du Grand Véfour, sont parmi les plus courus de Paris. Dix ans plus tard, Tavernier, le nouveau propriétaire du Véfour, parvient même à “éliminer” ce gêneur de Véry qu’il absorbe.

Toutefois, durant la deuxième moitié du XIX° siècle, l’établissement ne réunit plus tous les suffrages : “Sa cuisine a baissé, on le réserve aux provinciaux de passage à Paris”, mais il figure toujours parmi les grands : “Il y a des gens et des choses qu’on ne vante pas, il suffit de les nommer ! Tandis que s’éteignait peu à peu, après la fermeture des maisons de jeu, la constellation des astres d’alentour, émigrants ou séniles, notre restaurant demeurait, dans un cadre plus silencieux.” Mais l’éclipse n’est que momentanée.

Sous le Second Empire, la fête reprend ses droits et “le restaurant Véfour est une des gloires du Palais-Royal”. Il se prolonge maintenant dans les jardins par un pavillon auquel on accède en traversant une verrière. Malgré les vicissitudes qu’il connaît au long du XIX° siècle, Le Grand Véfour demeure le lieu de prédilection du gratin politique, littéraire et artistique : Victor Hugo, Lamartine, Sainte-Beuve, le duc d’Aumale, le prince de Joinville, Thiers, Mac-Mahon et Humboldt, le célèbre explorateur, s’y attablent fréquemment. Victor Hugo et ses amis viennent s’y restaurer au soir de la bataille d’Hernani. Le menu du poète, fidèle habitué, est invariable : vermicelle, poitrine de mouton et haricots blancs.

Echec et mat

Pendant la Belle Epoque, on se presse toujours au Véfour où la Belle Otéro virevolte sur les tables de marbre rose. Mais le cœur de Paris ne bat plus au Palais-Royal. En 1905, lorsque la presse annonce à grand fracas la fermeture du plus célèbre restaurant de Paris (seul subsiste au rez-de-chaussée un infâme troquet), c’est un coup de tonnerre. Nul ne peut croire qu’une telle institution puisse sombrer. Hélas, il faut se résigner ! Avec un vif émoi, tous les chroniqueurs gastronomiques rédigent un panégyrique de cette gloire déchue. On tentera bien de ranimer la flamme qui brillait si haut sous l’Empire mais, ravalé au rang de bistrot, le Véfour, qui n’ose plus s’appeler “Grand”, passe de mains en mains et décline irrésistiblement. Ce n’est plus qu’un casse-croûte où le saucisson a détrôné la poularde truffée. Ne voit-on pas, ô sacrilège, dans ce qui fut le temple du raffinement, l’apparition de la première serviette en papier, le 28 mai 1917 ? Peu après, l’immeuble est racheté par la Chambre des huissiers de Paris, qui occupe le premier étage et loue le café du rez-de-chaussée à Sakar, champion du monde d’échecs. Le Véfour devient alors le quartier général des joueurs d’échecs qui n’ont ni le temps, ni les moyens de sacrifier au dieu Comus, qui préside aux plaisirs de la table.

Emus par la dégradation de l’établissement, les pouvoirs publics décident de classer la façade en 1920. Président du Club des Cent et fourchette redoutable, René Héron de Villefosse y fait un pèlerinage nostalgique : “Par amour du souvenir, je m’y suis attablé devant de la semelle de botte, entourée d’une sauce à la colle figée, dans une atmosphère de pipe éteinte. Les peintures ont jauni. Tout portait la trace des générations de mouches qui avaient vécu en paix : les banquettes demi-crevées gardaient le moule des fesses d’antan : George Sand ou Joseph Prud’homme ?” Qu’elle semble lointaine, l’époque des tables de marbre rose, des couverts d’argent massif et de la porcelaine à filet d’or.

Le gong de la Libération


Avec la Libération, arrive enfin le bon génie qui va sauver d’une fin lamentable le temple de la gastronomie. Louis Vaudable, propriétaire du célèbre Maxim’s, rachète l’immeuble et décide de faire du Véfour la succursale du restaurant de la rue Royale, fermé par les autorités militaires. Aidé de Colette de Jouvenel, la fille de l’écrivain, Louis Vaudable ne néglige rien pour attirer sa clientèle vers cet éternel point de mire.

Le Grand Véfour fait toilette : les salles sont redécorées, les murs et les plafonds nettoyés, le mobilier et la vaisselle reconstitués et surtout, la cuisine retrouve le luxe et le raffinement du temps de sa splendeur. Hélas ! il n’est pas facile d’entraîner le Tout-Paris hors des sentiers battus. Malgré tous les efforts, c’est l’échec. Dépité, Louis Vaudable se débarrasse de cet enfant ingrat au bénéfice de Raymond Oliver.

Au temps de Raymond Oliver…

Originaire du Sud-ouest, l’heureux propriétaire de L’Ours blanc, à l’Alpe-d’Huez, relève un sacré défi : réussir là où le plus parisien des restaurateurs a échoué. Les deux hommes parviennent rapidement à un accord qui satisfait les deux parties : Louis Vaudable reste associé à l’affaire mais Raymond Oliver préside seul aux destinées du Véfour. Avec l’aide de l’équipe de L’Ours blanc, que fréquentent déjà les Parisiens amateurs de neige, Raymond Oliver fignole le décor, et le nouveau Véfour ouvre ses portes en octobre 1948. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! Fidèle au rendez-vous - Hélène et Pierre Lazareff sont des inconditionnels du patron -, la presse fait un compte-rendu vibrant de l’inauguration. Le nom de Raymond Oliver fleurit sur toutes les bouches qui viennent sur place déguster la cuisine de la nouvelle vedette des fourneaux. Le Grand Véfour est sauvé !

Raymond Oliver s’engage avec beaucoup de flair. Promoteur de la cuisine régionale, il mise à fond sur les recettes de son Sud-ouest et remet au goût du jour d’antiques recettes tombées dans l’oubli. La  terrine de poisson Guillaume Tirel (alias Taillevent, le maître queux de Charles V et l’auteur du premier traité de cuisine écrit en français), le riz de veau au verjus voisinent avec le foie gras, le poulet à l’ail, la lamproie ou le pigeon Prince Rainier III, tout simplement farci de truffes et de foie gras au cognac ! L’accueil fait à ces nouveautés, bien singulières au goût des Parisiens, est mitigé mais l’originalité des plats fleurant bon le terroir attire de nouveaux amateurs, bientôt conquis.

Parmi les fervents adeptes de cette “nouvelle” cuisine, deux brillantes figures du monde littéraire, Colette et Jean Cocteau, proches voisins du Véfour. Colette, la vigoureuse gourmande, habite rue de Beaujolais et règne sur le Palais-Royal ; Cocteau, le gourmet raffiné, loge contre le théâtre du Palais-Royal, l’ancien fief de la Montansier, qui fait face au Grand Véfour. Très vite, le chef et les deux écrivains sont intimes : pour l’une, il concocte un koulibiac de saumon ; pour l’autre, des cocktails infiniment délicats. Cocteau fait du restaurant sa cantine ; chaque jour il s’assied à sa table réservée, près de la porte, d’où il peut guetter les entrées. Celle de Christian Bérard, par exemple, qui participe lui aussi au lancement du nouveau Véfour : Colette écrit une plaquette, Bérard griffonne un dessin et Cocteau rédige un article. Il n’en faut pas davantage pour ramener enfin dans ce lieu prestigieux les célébrités du monde des arts et des lettres : Marguerite Moreno, Marcel Schwob, Jean Giraudoux, Emmanuel Berl, Sacha Guitry, Louis Aragon et Elsa Triolet, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Marcel Pagnol, Jean Genet, André Malraux, Juliette Gréco et son ami Marc Doëniltz, locomotive du milieu du spectacle, Simone Berriau, Louis Jouvet… Dans ce club très sélect, on ne rencontre que des visages connus du grand public ! Les émissions de cuisine lancées à la télévision par Raymond Oliver et Catherine Langeais assurent au chef une célébrité mondiale. Rois, reines, hommes politiques, femmes du monde, couturiers, financiers, gourmets anonymes se sont succédés dans les salons dorés pendant les trente-six années du règne de Raymond Oliver.

Aujourd’hui…

L’âge et la fatigue venant, le restaurateur cherche un successeur digne de présider au destin du Véfour. Malgré l’attentat stupide du 23 décembre 1983 - une bombe jetée par un iconoclaste illuminé qui fit plusieurs blessés graves et endommagea le cadre du plus vieux restaurant de Paris -, Jean Taittinger se présente en acquéreur. Un nouveau sauveur ! Plus de seize mille heures de travail seront nécessaires pour réparer les dégâts et restaurer le délicat écrin.

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Depuis 1991, Jean Taittinger a confié à Guy Martin les clés du Grand Véfour. Savoyard, autodidacte inspiré, il est comme Raymond Olliver descendu de sa montagne pour épouser le Palais-Royal. Et l’histoire continue, avec toujours, en ce lieu royal, l’envie du dépassement et le goût du bonheur.


D’après Colette Gilles-Mouton
Revue l’Histoire

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www.grand-vefour.com

Août 2006, La Chablisienne choisit Made in mouse

medium_logo_chablisienne.jpgCréée en 1923, La Chablisienne est devenue un nom reconnu et incontournable du vignoble de Chablis. Présente sur l’ensemble de ses appellations, avec une remarquable palette de terroirs en premiers crus et en grands crus, La Chablisienne est propriétaire du Château Grenouilles, magnifique domaine de 7 hectares 20 d’un seul tenant situé au coeur du terroir des Chablis Grands Crus.

 

Souvent citée comme “Meilleure Cave Coopérative de France”, La Chablisienne s’attache, dans ses vinifications, à mettre en valeur l’expression et la richesse des terroirs chablisiens. Equilibre, finesse, fraîcheur, énergie, tension minérale et capacité d’évolution dans le temps sont des maîtres mots pour définir le style…

 

Le Conseil d’Administration de l’entreprise, désireux de poursuivre l'augmentation de  la valorisation des vins de ses adhérents, a décidé de développer une véritable stratégie marketing afin de doter La Chablisienne d'un réél statut de marque. Après compétition, en juillet 2006, c'est le projet porté par l’agence Made in mouse qui a été retenu. Identité visuelle, packaging, éditions, Internet, signalétique… toute l’image va être revisitée.

 

La Chablisienne, en quelques chiffres :


• Date de création : 1923

• Nombre d’adhérents : 303

• Vignoble : 1.201,31 hectares

• Elle représente 23% de la production d’appellations chablisiennes, soit un volume d’environ 64.000 hl

• 7.509.700 cols commercialisés en 2005, objectif 2006 de 7.900.000 cols

Juillet 2006, le SU Agen choisit Made in mouse

medium_logo-SU-Agen.2.jpg“C’est l’histoire d’un club mythique. 100 ans de rugby au plus haut niveau, plus de 60 internationaux, 8 capitaines de l’Équipe de France, 8 titres de Champion de France, une identité de jeu… La professionnalisation assimilée, la structuration engagée, le projet sportif redéfini… le Sporting Union Agen Lot & Garonne souhaite afficher un positionnement original qui permettra de capitaliser sur des valeurs et un patrimoine, tout en séduisant et fidélisant de nouvelles populations”.

 

Le SUALG est à la recherche d'un nouveau souffle communicant… Fidéliser de nouveaux publics, contractualiser de nouveaux partenariats, multiplier les actes de consommation… sans perdre son âme ! Et Made in mouse, après une compétition réunissant 4 agences, a été retenue début juillet 2006 pour accompagner cette formidable équipe dans cette voie...

 

Infos sur le club

www.sua-rugby.com

Gourmandises à La Chassagnette, en pleine Camargue

 
 
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Avril 2006 : Un sachet de tomates Cerise à la marque Champion, avec la complicité de Disney

L'agence Made in mouse signe la création de 4 packs cobrandés Champion (une marque du groupe Carrefour) et Disney. L'exercice a été le suivant : étudier les deux chartes graphiques, calibrer très finement les éléments des décors, optimiser les choix colorés et typographiques, réaliser l'adaptation technique (flexo sur polypro, 8 couleurs).
La gamme de fruits et légumes comporte, outre les tomates Cerise cultivées par les producteurs de Rougeline, des bananes et des pommes. Le lancement dans le réseau Champion est programmé pour aujourd'hui, 18 mai 2006.
Cette association vertueuse (producteur, distributeur, prescripteur) est une réponse juste et solide sur un marché au potentiel gigantesque : les fruits et légumes frais pour les enfants…
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Parmentier de courgettes et Pistou rouge, les petits nouveaux de Jean Martin

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Deux nouvelles recettes rejoignent la famille des produits Jean Martin. Ces nouveaux bocaux sont déjà disponibles à la boutique, à Maussane-les-Alpilles.


Pistou rouge
Il a du tempérament avec son goût subtil de tomates confites et d’aromates. Parfait en sauce avec des spaghettis, un filet d’huile d’olive, quelques feuilles de roquette et des copeaux de Parmesan. Simple et délicieux sur un toast pour de multiples déclinaisons : mozzarella, jambon cru, ricotta…

Parmentier de courgettes
La courgette a inspiré cette recette très douce et toute en saveurs. Une alliance onctueuse à souhait, à base de courgettes, d’huile d’olive, de pommes de terre, d’ail et de basilic. A utiliser au four, en gratin, en soufflé…

La carte des vins de La Chassagnette

On s'est fait plaisir. Comment mettre en scène quelques dives bouteilles, accompagner la lecture, sans tomber dans le ronflant, en provoquant des sourires et du désir ? Elle va bien sûr évoluer au fil du temps. Bonne lecture !

Les Minitom's de Rougeline

Des sachets de tomates Cerise produites par les paysans de Rougeline (125 g). Un positionnement grignotage en direction des enfants. Made in mouse a été chargée par Odélis de créer la marque (identité nominale et visuelle) et la déclinaison packaging (sachets en PET microperforé, impression flexo en 8 couleurs). 4 visuels d'animaux (illustrations originales) sont proposés : l'éléphant, la girafe, le lion et l'hippopotame…

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On trouvera ce produit à la fin du mois de mai 2006 dans les principales enseignes de la Grande Distribution française, principalement dans les 1/2 box Rougeline qui permettent de proposer l'ensemble des produits préemballés de la marque. Prix de vente consommateur indicatif : 1 euro. Une grande première sur le marché français…

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Des étiquettes pour mieux séduire

Article paru dans l'édition du Monde du 16.11.06
Par Jean-Claude Ribault

 

Pour faire face à la concurrence, certains viticulteurs tentent d'ajouter l'originalité de l'étiquetage à la qualité de leur production.   

Pris en tenaille entre la baisse de la consommation métropolitaine et l'inadéquation de son offre à l'export, le vignoble de moyenne gamme désespère. Les vignerons de trois importantes régions viticoles - le Beaujolais, le Bordelais et le Languedoc-Roussillon - sont menacés d'un avenir incertain, bientôt rejoints par ceux de plusieurs appellations du Sud-Est et du Sud-Ouest. Le choix de l'étiquette peut contribuer à faire la différence.

Aujourd'hui, près de 90 % des vins sont achetés au producteur à moins de 5 euros la bouteille. Ce prix de vente est la valeur limite qui permet au vigneron français de produire, en gagnant sa vie, un vin correct de qualité moyenne. Mais, affirme le rapporteur d'un groupement professionnel international, "les Italiens et les Espagnols font mieux et meilleur pour 4 euros par col et les vignerons d'outremer pour moins de 3 euros avec en prime un marketing et un packaging d'enfer". Comme si le contenant et la manière de le vendre primaient sur le contenu. Un choc pour beaucoup, une révolution pour certains.

"C'est dans les moments de crise qu'il faut être innovant", commente Philippe Dunoyer de Segonzac, qui, depuis vingt ans, rêve de mettre sur le marché un bordeaux AOC simple, agréable à boire, bon marché, identifiable d'une année sur l'autre et "que l'on sera fier d'offrir à ses amis". Pour ce faire, pas question de laisser au millésime, ni au terroir, le soin de dicter leur loi. On s'assure que les grappes sont cueillies à maturité et que le vinificateur respecte le cahier des charges.

C'est une démarche typique de vin de marque, habituelle en Champagne, plus rare dans le Bordelais, longtemps coincé entre l'illusion des châteaux et les certitudes du négoce, avec ses marques bien établies : Mouton-Cadet, Malesan, Ginestet, Dourthe, et autres Michel Lynch.

Pour un nouveau venu, comment exister face à ces groupes puissants, et surtout, comment fidéliser la clientèle ? Philippe Dunoyer de Segonzac a choisi de porter tout son effort sur l'étiquette en confiant à Dragon rouge, la première agence française de design, le soin de la concevoir. Une seule consigne : "Rechercher l'originalité en respectant les codes graphiques propres aux vins de Bordeaux", c'est-à-dire garantir que le choix du nom de ce vin et son graphisme s'adresse à une catégorie sociale aussi imaginaire que réelle : si ce vin est une boisson d'exception, son habillage doit en porter témoignage.

Car en bonne logique marchande, l'originalité doit évincer la concurrence. Patrick Veyssière (Dragon rouge) entend par l'étiquette "créer de la différence parmi l'offre multiple des linéaires de la grande distribution". Il vise "non seulement l'achat, mais le rachat". L'étiquette en hauteur reste dans l'univers bordelais. La graphie du nom du négociant est bien lisible, en lettres noires rehaussées d'un filet d'or. Son nom - Dunoyer de Segonzac - s'inscrit en lieu et place de celui du château, sous de petites armoiries qui pourraient s'intituler : "de gueules au lion opposé à queues fourchues d'or".

Mais ce qui frappe d'emblée dans cette étiquette, c'est le protomé de lion, de profil, gueule ouverte, "issant" selon la terminologie de l'héraldique, discipline savante, dont un dicton affirme pourtant : "Qui n'a pas de blason porte un lion." A la verticale, tête vers le sol, cette moitié de lion, comme une ombre chinoise qui paraît envahir le champ, interpelle l'acheteur potentiel dans une relation quasi fétichiste. "Est-ce que je choisis l'étiquette, ou bien suis-je si fort désiré par celui qui l'a faite et/ou choisie que je cède à ce désir ?" C'est la question que pose pertinemment l'historien Anthony Rowley (L'Etiquette du vin, Hachette, 2003. 49 euros) à propos du fétichisme de l'étiquette. Elle doit être le truchement, le fétiche par lequel s'exprime la séduction réciproque entre le vigneron et le consommateur.

Mouton-Rothschild, après une première tentative en 1924, confie chaque année depuis 1945 le soin d'illustrer le millésime à des artistes différents : Jean Cocteau (1947), Georges Braque (1954), Picasso (1973). La démarche de Mouton-Rothschild, qui entend par le biais d'une oeuvre d'art, millésimée elle aussi, accorder à l'amateur le plaisir individuel d'accéder à la distinction d'un vin unique, est de même nature symbolique que celle de Dragon rouge. Le consommateur dira si le graphiste a vu juste et si les prévisions de commercialisation du Dunoyer de Segonzac (8,50 euros la bouteille) - 100 000 cols d'ici deux ans - sont réalistes. L'habit ne fait pas le moine, mais parfois l'étiquette fait le vin. Pour le meilleur et pour le pire. Nicolas, qui entendait renouveler leur image, a confié à Jean-Pierre Desclozeaux (dessinateur au Monde) le soin d'apporter une note de gaieté et d'humour bon enfant aux étiquettes de ses vins de pays. Résultat positif, puisque Nicolas renouvelle l'opération avec le beaujolais nouveau 2006.

L'Union des caves coopératives de l'Ouest audois et du Razès (Uccoar), en revanche, fait valser les étiquettes sur les packs, les bricks ou les bouteilles de "1 litre hollandais" au nom évocateur - Le Rouge, Le Bistrot - et n'hésite pas à créer pour Auchan une marque de distributeur au nom codé de Pierre Chanau, assemblage de merlot, cabernet sauvignon et grenache. Qui est Chanau ? C'est Auchan, en verlan !

Gardons notre coup de coeur pour le Marignan (AOC Savoie) de Jacques Guyon (74140 Sciez) qui a confié à l'artiste new-yorkais James Rizzi le soin de réaliser une étiquette "pop" sensible et drôle en trois dimensions pour son vin de chasselas 2002. C'est déjà un "collector" que s'arrachent les oenographiles (collectionneurs d'étiquettes).

Publicité : dynamisme confirmé

Il ressort d'une étude réalisée par TNS Media Intelligence que les investissements publicitaires sur le marché français ont atteint au mois de mars dernier 1,891 ME, faisant atteindre pour le T1 2006 les 4,631 Mds€ d'investissements bruts, en hausse de 9,3 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les annonceurs les plus dynamiques sont les secteurs des télécommunications, des services et des transports, avec 314,9 M€ investis. Le secteur de l'alimentation a pour sa part réduit ses dépenses de 7,7 % au mois de mars. La presse enregistre une hausse de son activité publicitaire de 0,4 % en volume et de 10,2 % en valeur, alors que la radio enregistre des taux de croissance de leurs revenus de 15,6 % (pour les stations généralistes) et 11,6 % (musicales). La télévision a capté au cours du T1 2006 1,280 Md€ d'investissements, soit une hausse de 2,2 % sur cette période et de 5 % pour le seul mois de mars. Les achats d'espaces publicitaires sur Internet progressent de 55,9 %, à 297,3 M€.

Source
Flash Infos éco PACA Corse Languedoc Roussillon du 25 avril 2006

Vive les Marzounettes de Rougeline !

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Printemps 2006. Cette mini tomate est une descendante d’une variété italienne. De petite taille (3 à 4 cm), elle ressemble par sa forme à un petit poivron. Sa chair pleine et son goût de "vraie" tomate vont séduire les connaisseurs. A consommer nature ou à la croque au sel, c’est un délice naturel.


Rougeline nous a confié la recherche du nom, le packaging (unité consommateur vendue en GD, barquette avec étiquette adhésive), les Relations Presse…

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www.rougeline.com

Mars 2006 : Heureuse Camargue

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Inspiré par Maja Hoffmann, le groupe "Heureuse Camargue" a un projet novateur qui conjugue production agroalimentaire, agriculture biologique et gastronomie de qualité. L’objectif est d’aider la Camargue à trouver les bases économiques d’un développement durable, respectueux de l’environnement mais aussi des hommes qui y vivent.


"En Camargue, le miracle est si quotidien, l'invraisemblable si naturel, et le mirage fait tellement partie de l'ordre des choses, que ce serait manquer de réalisme que de ne pas y croire."
Yvan Audouard, 1965

 

 

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Jean Martin, campagne Elle

Un nouveau message pour la marque Jean Martin, décliné sur le magazine Elle en avril, mai et juin 2006. Une nouvelle image pour nourrir la marque…

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