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Janvier 2006 : Oucitan, les AOC du Languedoc

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L’ancrage

• Le nom Oucitan signifie Occitan… en langue d’Oc (cf. le Maître, Frédéric Mistral).
• Le packaging, sobre et accessible, mais fortement identitaire avec la croix du Languedoc qui interpelle comme un phare dans la nuit, sur la bouteille et les étiquettes…

Création de l'identité nominale, de l'identité visuelle, du packaging…
 
 
OUCITAN 
Les AOC du Languedoc


Oucitan est une invitation au voyage, à la découverte de la typicité naturelle de chacune de nos appellations. Alors que l’on a tendance à stigmatiser la complexité du système des AOC françaises, Oucitan est en phase avec ses racines Sud de la France et ses caractéristiques d'accessibilité, de convivialité et de simplicité. Oucitan est l’expression d'une ambition, une preuve de l’énergie d’un territoire attaché à ses vignes et à ses savoir-faire.

 

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Fitou
Charme & intensité du Fitou maritime, avec ses notes de fruits rouges, d’amandes grillées et d'épices. Un vin idéal pour accompagner une viande grillée, un plat de pâtes ou un plateau de fromage.
Minervois
Rondeur & harmonie du Minervois avec ses notes de cassis, de violette et de vanille. Un vin idéal pour accompagner un rôti, un canard à l'orange ou un plateau de fromage.
Coteaux du Languedoc
Equilibre & finesse du Coteaux du Languedoc, avec ses notes de petits fruits rouges, d'amandes et d'épices. Un vin idéal pour accompagner des légumes à la plancha, un magret grillé ou un assortiment de fromages de brebis.
Corbières
Caractère & générosité du Corbières, avec ses notes d'herbes de la garrigue et d'épices. Un vin idéal pour accompagner un civet de gibier ou un roquefort.
Corbières Rosé
Caractère & fraîcheur du Corbières, avec ses notes de framboise et de cerise. Un vin idéal à l'apéritif, mais aussi pour accompagner une salade d'été ou une grillade d'agneau.

 

 

en savoir plus…

 

Des marques…

ADER, La Chablisienne, AOC Huile d'olive d'Aix-en-Provence, Ville d’Arles, Avant-Après, Balkiss, Les Baux-de-Provence, Château Beaulieu, La Compagnie des Forestiers, Colibri, Cucugnan, Cuvée Mythique, La Gourde, Guzet, Heureuse Camargue, Huile d’olive et olive de France, Ibidum, Jean le Troubadour, Jean Martin, Loula, Marchal, Agen Tribu Rugby, Moulin Saint-Michel, NH90, Odélis, Oucitan, Passe Rose, Rougeline, salade.com, SAMT / Les Armaturiers, Usages, végétable, Domaine Pellé, Pas de l'Escalette, Les Gobeloteurs, Premis, Stimuli, Pépinières Basset, Les Apprentis…

L'anti-publicité, ou la haine de la gaieté…

Article paru dans le journal Le Monde du 11 avril 2004

par Robert Redeker


"La multiplication des actions « anti-pub » dans l'espace public donne à penser. Nul ne songera, bien entendu, à nier les excès de la publicité et les dangers de colonisation commerciale de l'imaginaire qu'elle véhicule. Nul ne refusera de voir en elle non une formidable volonté de puissance, comme le croient les mouvements anti-pub, mais une volonté de vide : évacuer de l'humain sa complexité, en évider la profondeur, le guérir des deux douleurs qui, selon Tocqueville, donnent son prix à la vie, « la peine de vivre » et « la douleur de penser ». Cela dit, que serait un monde sans pub ? Quelles nostalgies et quelles idéologies transportent, subliminalement, les discours anti-publicitaires ?

Sans la pub, la production se condamne à demeurer très locale, à trouver ses clients par le bouche-à-oreille et la rumeur. Seule la communauté autarcique, non développée, qui ne produit que ce qu'elle consomme et qui ne consomme que ce qu'elle produit, peut se passer de publicité.

La marchandise circule grâce à la publicité, dont elle est le laissez-passer. Sans publicité, c'est-à-dire sans la circulation des marchandises produites, la création (la conception, puis la fabrication, de nouveaux produits) devient impossible.

La mort de la publicité serait aussi celle de la créativité industrielle. Le mythe primitiviste du bon sauvage et de la bonne communauté se réincarne dans l'anti-pub. Au contraire du rêve « campaniliste », la publicité est, planétairement, une sorte de réseau vital, transportant partout l'image des marchandises fabriquées ici ou là, suscitant partout le désir de leur consommation. Dès lors, la publicité décloisonne et déterritorialise les sociétés et les hommes bien plus que toute autre pratique, formant une sorte de liant universel, de colle par laquelle les hommes tiennent les uns aux autres.

Alors que les religions cloisonnent - de nos jours, postérieurement à la « mort de Dieu », toute foi s'est éteinte au profit de la religion comme affirmation culturelle identitaire -, opposent les civilisations les unes aux autres, la publicité décloisonne, relie. Si religion vient de relier, religare, la publicité relie désormais mieux que les religions. Elle fonctionne à l'inverse des religions : le message religieux est une déclaration forte et exclusiviste, un discours plein, ancrant les hommes dans une civilisation, tandis que le message publicitaire attache les hommes par le plus petit commun dénominateur, les déracine par des déclarations aussi minimalistes que planétaires, les poussant à évoluer dans un univers plus ouvert quoique de moindre consistance. Appuyé sur un imaginaire rousseauiste, inconsciemment communautariste, le mouvement anti-pub encourt le risque de nier les avantages de la mondialisation.

Les militants anti-pub font feu de tout bois pour convaincre chacun de ceci : les méthodes de la propagande totalitaire se réincarnent dans la publicité. Ils ne manquent pas de la diaboliser en la stigmatisant comme une machine à décerveler. Effet garanti : le capitalisme et le néolibéralisme se retrouvent à côté du nazisme, du fascisme et du stalinisme dans le registre des formes sociales totalitaires.

Ces militants commettent en l'occurrence le même sophisme que ceux qui, à la suite du philosophe Giorgio Agamben, rapprochent le centre de rétention de Guantanamo, qui, pour condamnable qu'il soit, n'est pourtant pas un camp d'extermination éliminant chaque jour des dizaines de milliers de personnes, d'Auschwitz.

Cette ficelle sophistique méconnaît un grand écart : la publicité produit des conformismes gélatineux dans le style de vie d'où chacun possède la liberté de s'arracher, tandis que les totalitarismes organisaient des Etats policiers où la pensée était non pas entravée (comme dans les mondes publicitaires), mais interdite sous peine de camp et de mort.

Contrairement à ce que tonitrue la vulgate anti-pub, publicité et propagande ne sont pas identiques. La publicité séduit et relance le désir. Le désir est sa matière première, même si c'est pour le détourner vers la marchandise. Or le désir est cette faculté humaine que les animaux, sans imaginaire et bornés au besoin, ne partagent pas. La publicité développe le désir dans le but de le mouler dans une forme aussi universelle que superficielle. Suscitant du désir, la publicité humanise, nous rendant, au même titre que la raison, plus hommes, tandis que la propagande met à mort le désir, l'anéantit. La publicité exalte le désir d'être un individu, d'être soi, d'être unique, tandis que la propagande exalte la mort de ce désir d'être soi, elle exalte le refus d'être soi, poussant à se taire et à marcher au pas, à se fondre dans la masse humaine. La publicité s'articule à Eros et à l'envie de vivre, tandis que la propagande renvoie à la pulsion de mort, cultivant les tendances morbides de l'humanité.

C'est pourquoi la publicité politique, s'étalant de vives couleurs sur les murs des démocraties, se distingue de la morne propagande. D'abord la publicité politique admet le pluralisme ; mais il y a plus : elle en vit, elle ne peut vivre que dans le cadre du pluralisme et de la concurrence entre les partis et les candidats. Elle admet implicitement l'inscription de la politique dans l'ordre du jeu et du désir.

Au contraire, la propagande nie ces déterminations érotiques et ludiques de la politique en fabricant exclusivement de la soumission bornée. Lorsque la propagande utilise le désir, c'est uniquement sous l'angle de sa morbidité (les sinistres politiques sémiopulsionnelles des totalitarismes l'attestent). Les sociétés libres et ouvertes, en permanence menacées par le conformisme, aiment la publicité, tandis que les sociétés fermées, en proie au joug totalitaire, sont saturées par la propagande. Il est, par suite, d'une grande malhonnêteté intellectuelle de rabattre la publicité sur la propagande, et de suggérer que les démocraties capitalistes et libérales, pour critiquables qu'elles soient, ne valent pas mieux que les totalitarismes.

Le mépris discret et hautain à l'endroit de la publicité dessine les traits d'un conformisme quasi obligatoire chez les intellectuels, et, plus largement, chez les gens hautement diplômés dans les disciplines scientifiques et littéraires. Un habitus non questionné les habite : la publicité est tenue pour l'une des formes du mal. Il est supposé qu'elle est intellectuellement nulle, non créatrice, et politiquement dangereuse. Il est entendu qu'elle est essentiellement attenante à un ordre tenu pour le pire le tous, le doublet capitalisme-libéralisme. Après le trépas du marxisme ce jugement doit être revu. La tristesse des pays socialistes - pour beaucoup de peuples au XXe siècle, socialisme a été l'autre nom du malheur - se remarquait en particulier dans l'absence de publicité sur les murs et dans les médias. La moindre gaieté de la vie se signalait par la non-présence de la consommation, dont la publicité figure le miroir. Seule, dans ces pays en manteau gris où l'existence semblait ne point connaître d'autre saison que l'hiver, la propagande avait droit de cité.

Au nom de quoi condamner la publicité, l'affichage publicitaire ? Au nom du même obscurantisme que le « socialisme réellement existant » de naguère et que l'intégrisme religieux d'aujourd'hui : expulser de l'espace public, du jeu gai des apparences corporelles et de l'univers de séduction qu'il implique, certains corps.

Le mouvement anti-pub voudrait couvrir nos villes, nos couloirs de métro d'un voile de monocolore tristesse qui rappellerait tout autant la tristesse de la vie dans les pays totalitaires que les utopies des intégrismes religieux. Il est de la propagande pour un type de société uniforme. Sa cible véritable n'est pas la publicité - qui relève d'une Critique de la raison publicitaire en reflet à la Critique de la raison pure, faisant le partage entre ses légitimes prétentions et ses inacceptables excès -, mais un type de société.

Les militants anti-pub poursuivent une double guerre : contre les images - réinvestissant les clichés d'une vieille iconoclastie - et contre les corps. La vieille guerre contre le corps amorcée en Occident par Platon, qu'une certaine variante du christianisme n'a pas manqué de mener, et qui réapparaît aujourd'hui chez les partisans du voile islamique, anime le mouvement anti-pub. S'imaginant n'être qu'un mouvement anticapitaliste, il s'avère en fait véhiculer une haine du corps et de sa visibilité, de sa représentation et de son exposition, qui relance les formes les plus morbides de l'ascétisme. Cette haine est une guerre contre la gaieté : celle du corps, celle des villes et des murs du métro ; guerre aussi contre la surface et la superficialité dans lesquelles nos anti-pub oublient de voir l'un des piments de la vie."

Le boulanger a eu la peau de McDo…

Italie : A Altamura, un artisan a contraint la multinationale à la fermeture, grâce à ses produits de qualité.

Par Eric Jozsef, paru dans le journal Libération

mardi 3 janvier 2006, Altamura (Pouilles), envoyé spécial


Le long mât rouge a été démonté secrètement, durant la nuit. L'énorme "M" jaune qui, à son extrémité, dominait piazza Zanardelli, l'une des places centrales de la ville, a été remballé tout aussi subrepticement. A quelques mètres de là, les vitres du McDonald's avaient été couvertes un peu plus tôt de bâches en plastique, comme un linceul sur une victime du champ de bataille alimentaire : il n'y a plus aujourd'hui de Big Mac, de Chicken McNuggets ni de frites industrielles à Altamura. Dans cette petite ville des Pouilles située dans le sud-est de l'Italie, à une quarantaine de kilomètres de Bari, McDonald's a préféré plier bagage. De nombreux mois ont passé depuis cette retraite en rase campagne de la grande multinationale américaine, mais Onofrio Pepe en rit encore : "Avec son mât comme totem, McDonald's pensait nous assiéger ! Mais c'est nous qui les avons encerclés et bombardés à coups de saucisses, de fouaces et de pain local. Nous sommes parvenus à les repousser." Avec son compère médecin Peppino Colamonico, cet ancien journaliste est à la tête d'une association de défense de l'art culinaire et des produits locaux baptisée les Amis du cardoncello, un savoureux champignon du sud de l'Italie autrefois banni, durant les jubilés chrétiens, car les papes craignaient que ses vertus supposées aphrodisiaques ne détournent les pèlerins, accourus à Rome, de leur chemin spirituel.

Au début, les ados s'agglutinent chez McDo

"Lorsque McDonald's, avec ses produits à bas prix, s'est installé en 2001 à Altamura, nous avons craint le pire, explique-t-il. Nous avions peur que notre patient travail pour défendre nos traditions alimentaires, dans les écoles ou à l'occasion de fêtes gastronomiques, ne soit balayé." Le colosse de la restauration rapide débarque alors en force, en plein centre d'Altamura, pour séduire les 65 000 habitants du gros bourg, mais aussi drainer les jeunes de Matera, Gravina et Santeramo, les communes voisines : 550 m2 de surface à proximité du grand collège de la ville et d'agences bancaires, vingt employés, des promotions à gogo et le long mât dressé comme un étendard, illuminé jusque tard dans la nuit... le fast-food démarre en trombe. Dans ce coin du Mezzogiorno enclavé et fortement marqué par le passage, au XIIIe siècle, de l'empereur germanique Frédéric II Hohenstaufen, le nouveau conquérant déploie ses armes au ketchup et à la moutarde sucrée. Au début, la curiosité pour ce symbole de la culture consumériste américaine fonctionne. Les adolescents s'agglutinent aux abords du McDo. Et les vieux du pays, en proie aux chaleurs estivales, viennent goûter à l'air conditionné des salles de repas. "Moi aussi, je voyais l'arrivée de McDonald's comme une espèce de modernité, admet l'ancien député-maire communiste Fabio Perimei, comme une manière d'insérer Altamura dans un monde et une Europe globalisés." "Nous n'osions pas réagir, notamment par crainte de mettre en péril les vingt emplois créés par McDonald's", confie Onofrio Pepe, qui ajoute, tout sourire : "Mais nous avions un cheval de Troie !" A Altamura, Ulysse s'appelle Luca Digesù. Héritier d'une antique famille de boulangers locaux, celui-ci décide d'installer à proximité du fast-food un petit commerce de produits locaux de qualité : des pizzas, de délicieuses pâtisseries, des biscuits, du pain au blé dur, des sortes de quiches des Pouilles et des fouaces à l'oignon, à l'olive ou au cardoncello. "C'était un pari", explique le jeune boulanger. "Au départ, j'espérais pouvoir bénéficier de l'attrait de McDonald's pour me constituer une petite clientèle. Mais je craignais aussi de me casser les os. Je ne cherchais pas à mener une guerre contre McDonald's", poursuit Digesù, pour qui la chaîne de fast-food reste une "institution mondiale", "mais, de facto, ce fut un combat de l'alimentation industrielle contre la nourriture traditionnelle". Le jeune boulanger aligne le prix de ses pizzas sur celui du hamburger, multiplie les compositions de fouaces et insiste sur la qualité et la diversité. Au bout de quelques semaines, le courant s'inverse. Les jeunes commencent à délaisser les caisses du McDonald's pour les saveurs antiques. La multinationale réagit, multiplie les offres promotionnelles, les fêtes d'anniversaire pour les enfants, change de directeur... Rien n'y fait. Certains clients vont même jusqu'à s'approvisionner dans la petite boutique de Digesù, puis vont s'asseoir pour consommer ses produits au fast-food, à côté. Par manque de rentabilité, le McDonald's a fini par fermer.

Gâteaux aux extraits de figue, amande et cacao


Alors que dans l'ancien quartier grec d'Altamura le boulanger de Vito Macella se prépare à enfourner un plateau de mustaciolli (des petits gâteaux aux extraits de figue, d'amande, d'agrume et de cacao) dans l'énorme four à bois de 50 m2 datant de 1423, Nicola, venu chercher une grosse miche de pain, balaie toute nostalgie pour McDo : "A Milan, où je réside habituellement, je suis allé de temps en temps au fast-food, mais pas à Altamura ! s'exclame le jeune homme. Ici, je ne veux que de bons produits, de la fouace, du pain, de la saucisse." Devant le collège Mercadante, à deux pas de l'ancien McDo transformé, depuis, en agence bancaire, les adolescents confessent un certain regret. «C'est dommage qu'ils aient fermé», indiquent ainsi Alice et Barbara, deux jeunes filles brunes de 17 ans, mais, ajoutent-elles : "On aimait bien leurs glaces, pas leurs hamburgers."

"C'est l'attachement à la tradition culinaire et aux bons produits qui l'a emporté, résume Onofrio Pepe. La morale de cette histoire, c'est qu'il n'est pas nécessaire de réagir comme José Bové. Démonter un McDo, se replier sur son territoire face à la globalisation est une attitude réactionnaire. Nous avons gagné sur le terrain de la concurrence alimentaire." "J'ai compris qu'il faut provoquer la confrontation. Dans ces conditions, le produit local peut l'emporter sur le global", considère, pour sa part, Fabio Perimei, qui insiste sur l'importance de transmettre dans les familles les traditions agroalimentaires. Chez McDonald's, on préfère aujourd'hui éviter d'évoquer la faillite d'Altamura. Luca Digesù, lui, cherche désormais un local pour s'implanter à Rome et y exporter ses spécialités.


source…
www.liberation.fr/page.php?Article=348539